Vaccination, Maison De Repos

Vaccination, Maison De Repos

Dans les maisons de repos bruxelloises, une partie des soignants reste sceptique face à la vaccination

Dans les maisons de repos bruxelloises, une partie des soignants reste sceptique face à la vaccination

24-02-21 21:06:00

Dans les maisons de repos bruxelloises, une partie des soignants reste sceptique face à la vaccination

Pourquoi les soignants en maisons de repos hésitent-ils à se faire vacciner contre le covid ? Cette question s’est progressivement imposée depuis quelques jours alors que tombent les résultats de la première campagne de vaccination. A Bruxelles, 90%...

"J’ai vu sur les réseaux sociaux" Deux aides-soignantes bruxelloises acceptent de raconter ce qu’elles entendent dans leurs institutions respectives. Sans surprise, la première crainte concerne les effets secondaires"Ce n’est pas normal de trouver un vaccin fiable en 6 mois de trouver un vaccin. On va servir de cobayes ". Ces doutes, existent tant chez les aides-soignantes que parmi les infirmières voire disent-elles, chez certains médecins". Dans le personnel, certains se montent la tête, échangent ce qu’ils ont vu ou entendu sur les réseaux sociaux " Des rumeurs qui parlent des risques de stérilité, de réactions allergiques voire de l’implantation de traceurs dans le corps qui permettraient d’être suivis à distance."Ce n’est peut-être pas vrai, mais on ne sait jamais alors dans le doute, je préfère ne courir aucun risque ", conclut l’une de nos interlocutrices qui regrette aussi la quasi-absence d’informations sur le vaccin dans sa résidence.

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Il a fallu s’inscrire très vite alors qu’on ne savait rien sur le vaccin Trop tôt, trop vite. Dès la fin décembre, les premières listes d’inscription pour le vaccin sont apparues." Il fallait se décider en deux ou trois jours, mais comme ce n’était pas obligatoire, j’ai préféré attendre ". Une précipitation qui passe mal parmi une partie du personnel qui s’était déjà senti abandonné pendant la première vague." En mars, on était seuls, aux côtés des résidents, presque sans protection et aujourd’hui, on veut nous mettre en première ligne pour tester le vaccin ?". Souvent, des séances d’informations avec la médecine du travail ou le médecin coordinateur de l’institution ont été organisées. Mais pas toujours. Rien d’étonnant, dès lors, à voir naître une forme de scepticisme."Chez nous, on n’a pas vu le médecin coordinateur mais ma collègue qui s’est fait vacciner, a eu de la fièvre et des courbatures juste après. Alors, moi qui ai déjà une autre pathologie, pas question !". Pourtant, cette jeune femme n’a pas le sentiment de mettre en danger les résidents âgés qu’elle côtoie tous les jours." Ils sont presque tous vaccinés et nous portons des protections, alors c’est bon, hein !". Dans l’institution où elle travaille, seuls 20% du personnel serait vacciné. Une information que nous n’avons pas pu vérifier.

Un simple avis affiché dans le hall d’entrée Ce qui frappe, c’est la grande disparité entre les différentes manières d’informer sur la vaccination dans les maisons de repos. Un simple avis affiché dans le hall d’accueil parfois. Des séances de questions-réponses collectives avec un médecin dans d’autres cas. Geneviève Oldenhove fait partie du deuxième groupe. Cette médecin généraliste assure la coordination médicale dans deux maisons de repos du centre de Bruxelles. Les fameuses rumeurs sur la stérilité voire la mortalité que causerait le vaccin, elle les a aussi entendues et a tenté de comprendre." Dans les maisons de repos bruxelloises, notre personnel soignant est très dévoué et souvent très multiculturel. Cela signifie que les médias qu’ils consultent ou les informations qu’ils entendent sont plus difficiles à identifier ". Des fake news ou les affirmations fantaisistes seraient alors très difficiles à démonter."J’ai eu l’impression de ne pas avoir été aidée par Iriscrare (l’organisme bruxellois de protection sociale). Oui, nous avions des webinaires, des brochures et les clips vidéo mais ils sont arrivés tard et ne sont pas forcément consultés par nos soignants ". Elle, a organisé des séances d’informations par petits groupes. Elle s’est fait vacciner et l’a dit. Pour convaincre, dit ce médecin, rien de tel que la force de l’exemple. Des efforts qui ont payé, en partie du moins. Dans les deux maisons de repos dont elle assure la coordination, la généraliste, a finalement réussi à convaincre respectivement 53 et 69% du personnel de se faire vacciner." J’ai tenté de convaincre les gens influents comme la cheffe du personnel ou la déléguée syndicale. Quand on réussit à convaincre les personnes influentes, c’est presque gagné ". headtopics.com

Des hésitations, il y en a aussi pour la vaccination annuelle contre la grippe En maison de repos, la vaccination contre le covid n’est pas la première à être proposée au personnel. Mais le Docteur Oldenhove le constate chaque année :"Beaucoup ne se font pas vacciner contre la grippe saisonnière ". Ces hésitations vaccinales sont bien connues. Surtout parmi les jeunes femmes. Des craintes qu’elles justifient par la perspective d’une future grossesse. En ce début 2021, c’est l’ONG Médecins Sans Frontières qui a, de nouveau, été appelée à la rescousse dans les maisons de repos. En mars dernier, il s’agissait de former aux gestes barrière contre le virus. Cette fois, il fallait informer (pas convaincre !) le personnel sur la vaccination. Anne Khoudiacoff est la coordinatrice du programme chez MSF :" Nous avons été dans une cinquantaine de maisons de repos, parfois à plusieurs reprises, pour répondre aux nombreuses questions qui préoccupent le personnel. Aller sur place était très important. Il fallait trier et relativiser les informations reçues sur les réseaux sociaux. Les gens se sentaient perdus ". Aujourd’hui, où en est-on ? L’objectif de vacciner 70% du personnel vacciné est-il réaliste ?"Sans doute mais il faut prendre garde à cette lassitude qui s’installe ". Avec la vaccination des résidents, le stress d’une vague épidémique s’éloigne et l’intérêt pour la vaccination risque de retomber. La bataille de la vaccination n’est pas encore gagnée.

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Est-il vrai qu’on peut être vacciné et continuer à transmettre le virus? Pas clair. Si c’est vrai, il s’agit d’une vaccination en trompe l’œil et je comprends le manque d’intérêt ou la défiance