Sandrine Kiberlain : « Maintenant, j’ose davantage »

Sandrine Kiberlain : « Maintenant, j’ose davantage »

16/01/2022 10:08:00

Sandrine Kiberlain : « Maintenant, j’ose davantage »

Avec « Une jeune fille qui va bien », l’actrice signe un premier film bouleversant. Chaleureuse et sincère, elle est infiniment attachante....

Sandrine Kiberlain -, j’y parlais de ma condition : que se passe-t-il derrière la porte d’une actrice que l’on croit heureuse et sollicitée ? Est-elle plus seule qu’on ne l’imagine ? J’aime beaucoup que le cinéma permette d’aller dans l’intime, mais il fallait aussi qu’il y ait une nécessité. Ce que je fais ne relève jamais d’une obligation extérieure. Grâce à cette expérience, j’ai compris que je me sentais à ma place sur un plateau, à la tête d’une équipe. J’avais adoré l’émotion et l’énergie de tous ces talents donnant le meilleur pour traduire ce que vous avez en tête.

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Avec « Une jeune fille qui va bien », l’actrice signe un premier film bouleversant. Chaleureuse et sincère, elle est infiniment attachante. Anne Michelet Vous avez écrit et réalisé votre long-métrage. Un rêve ? Sandrine Kiberlain - Quand j’avais tourné mon court, Bonne Figure , j’y parlais de ma condition : que se passe-t-il derrière la porte d’une actrice que l’on croit heureuse et sollicitée ? Est-elle plus seule qu’on ne l’imagine ? J’aime beaucoup que le cinéma permette d’aller dans l’intime, mais il fallait aussi qu’il y ait une nécessité. Ce que je fais ne relève jamais d’une obligation extérieure. Grâce à cette expérience, j’ai compris que je me sentais à ma place sur un plateau, à la tête d’une équipe. J’avais adoré l’émotion et l’énergie de tous ces talents donnant le meilleur pour traduire ce que vous avez en tête. Vous semblez vous être investie à 200 %... Sandrine Kiberlain - Totalement, au point que la production pensait que j’étais folle ! Nous avons tourné en six semaines, car j’avais besoin d’être dans l’urgence de mon héroïne, mais j’avais tout pensé en amont, par exemple la musique pour chaque scène. J’ai eu la chance de travailler avec de très grands cinéastes dont j’ai beaucoup appris, et notamment ceci : la mise en scène, c’est comme un tableau, tous les traits comptent. Je voulais un film sobre et, sans me comparer, j’avais François Truffaut ou Jean-Pierre Melville en tête. Pour la lumière, j’ai choisi une tonalité colorée, avec un élément rouge associé à Irène, à son côté lumineux. Le ruban rouge qu’elle porte, celui de ma grand-mère, je l’ai d’ailleurs offert à toute l’équipe au début du tournage afin que tout le monde soit protégé. Irène est une jeune fille juive qui veut devenir actrice en 1942. Y a-t-il de vous en elle ? Sandrine Kiberlain - Il y a forcément beaucoup de moi, mais Irène, c’est notre sœur à tous. Elle représente une jeune fille d’hier, d’aujourd’hui et de demain, et pose ces questions : avoir 19 ans, cela représente quoi ? Comment s’affranchit-on de sa famille que l’on aime ? Quels sont les premiers élans ? Cela dit, j’ai fait d’elle une fille qui veut réussir le concours du Conservatoire. Comme moi au même âge. Les premiers cours de théâtre, la complicité avec les copines ou inventer des stratagèmes pour revoir l’élu de son cœur, je connais. Tout faisait écho, d’autant plus que Rebecca Marder, mon actrice, commençait elle aussi. L’aviez-vous repérée à la Comédie-Française ? Sandrine Kiberlain - Je l’avais vue au théâtre, et c’est également une amie de la famille. J’ai rencontré une trentaine d’actrices épatantes, mais aucune ne correspondait à mon Irène jusqu’au jour où Rebecca est entrée dans le bureau, avec la beauté de Gene Tierney et la maladresse de Diane Keaton. Elle était unique et sa façon de se lancer dans le jeu me faisait penser à la débutante que j’avais été. Elle n’avait aucune appréhension, elle était dans l’élan et la douceur. Le titre, Une jeune fille qui va bien , est très beau... Sandrine Kiberlain - Il résume tout : Irène sent la présence du monstre invisible, mais elle ne veut pas renoncer à sa joie, au premier amour, à sa famille, à ses rêves... Comme le dit sa grand-mère : « Rien ni personne ne prend le dessus sur la vie. » Irène est un pinson et j’avais envie que l’on suive son rythme, que l’on parle de ce qu’il y a de plus beau : la force de vie que rien n’arrête, l’insouciance avant que le monde ne bascule dans l’horreur. Je relate d’ailleurs très peu les événements de 1942, car je voulais poser un autre regard sur cette période, raconter le pire en montrant le meilleur. Avoir choisi cette époque, c’est lié à votre histoire familiale ? Sandrine Kiberlain - Il y a mille hommages à ma famille dont je n’avais pas conscience. Quand j’écris, ce sont des années d’héritage qui se mêlent malgré moi à la fiction. Le père ressemble au mien sans être lui, le frère ressemble à ma sœur. Quant à la grand-mère, rebelle, drôle, elle s’inspire de Marceline Loridan-Ivens, de Simone Veil, et des femmes qui sont sorties vivantes de ce drame et de cette folie. Notamment ma grand-mère maternelle, qui m’a raconté cette période. Mes grands-parents étaient juifs, ils ont quitté la Pologne en 1933 pour Paris et ont survécu, mais toute leur famille a été exterminée. Il fallait une sacrée force pour s’exiler dans un pays dont ils ne parlaient pas la langue. Tout cela n’est pas à l’image, mais a nourri mes personnages. J’ai réalisé le film que je voulais sur cette période qui me hante depuis toujours. Je me demande comment j’aurais agi si je n’avais pas été juive. Aurais-je eu le courage des Justes ? Aurais-je suivi les règles sans prendre de risques ? Je n’aurai jamais la réponse... « J’avais envie que l’on parle decequ’ilyade plus beau, de la force de vie que rien n’arrête. » Votre film résonne avec l’actualité... Sandrine Kiberlain - Je ne compare évidemment pas ce qui n’est pas comparable, mais nous avons, nous aussi, été confrontés à une bascule du monde avec la pandémie. Personne ne l’avait anticipée et nous ignorons ce qu’il se passera dans deux ans. A l’époque, les jeunes que je montre ne pouvaient imaginer que la vie d’après ne serait plus insouciante. Etre actrice est-il un atout pour passer derrière la caméra ? Sandrine Kiberlain - Oui, car j’aime profondément les acteurs. Ils me passionnent, et j’ai même vécu avec des hommes qui exerçaient ce métier. Leur fragilité me touche. Ils dépendent du désir des autres alors que, socialement, ils ont l’habitude d’être de l’autre coté de la barrière. Et, sur ce film, j’ai eu la chance de travailler avec un casting formidable, des gens humains, sains comme André Marcon, Françoise Widhoff, Anthony Bajon, India Hair... J’ai chouchouté mes jeunes acteurs, car je sais combien il faut faire confiance au regard du metteur en scène pour s’abandonner. Pour la petite anecdote, Ben Attal m’a envoyé « Bonne fête, maman de cinéma » pour la fête des Mères. Qu’avez-vous appris sur vous avec ce défi ? Sandrine Kiberlain - A prendre les rênes ! Jusque-là, j’étais plutôt du côté de celles qui se laissent porter et, maintenant, j’ose davantage, y compris sur les tournages. Je m’amuse plus, je n’ai pas peur d’essayer des choses, de me planter, car je sais que le bon choix sera ensuite fait au montage. Je ne me dis plus qu’il faut être parfaite à la première prise. Et quels seront vos prochains films d’actrice ? Sandrine Kiberlain -