Thierry Breton : « l'Europe doit être le leader de la prochaine génération de puces »

Thierry Breton : « l'Europe doit être le leader de la prochaine génération de puces »

29/01/2022 02:05:00

Thierry Breton : « l'Europe doit être le leader de la prochaine génération de puces »

La Commission européenne présentera début février, probablement le 8, le « Chips act ». Elle veut investir plusieurs dizaines de milliards d'euros pour quadrupler d'ici 2030 la production de semi-conducteurs en Europe, un gros enjeu économique et géopolitique.

« Sans semi-conducteurs, pas de transition digitale, pas de Pacte vert », prévient Thierry Breton, qui veut sortir l'Europe de sa dépendance à la production asiatique. (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)Publié le 28 janv. 2022 à 23:59

C'est une initiative majeure pour notre industrie et cruciale d'un point de vue géopolitique. J'y travaille sans relâche depuis mon premier jour à la Commission. Sans semi-conducteurs, pas de transition numérique, pas de Pacte vert. Les voitures, la 5G, la santé, la défense… Les puces sont partout et joueront un rôle de plus en plus critique. C'est pourquoi elles suscitent un intérêt géopolitique majeur.

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Lire plus tard Partager Commenter « Sans semi-conducteurs, pas de transition digitale, pas de Pacte vert », prévient Thierry Breton, qui veut sortir l'Europe de sa dépendance à la production asiatique. (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA) Par Derek Perrotte Publié le 28 janv. 2022 à 23:59 Le commissaire européen a accordé un entretien à un groupe de journaux européens, dont « Les Echos » pour la France. Il dévoile le plan du Vieux continent pour quadrupler sa production d'ici 2030 et promet des aides massives à l'innovation. La Commission européenne va dévoiler son « Chips act » début février. Quel en est l'objectif ? C'est une initiative majeure pour notre industrie et cruciale d'un point de vue géopolitique. J'y travaille sans relâche depuis mon premier jour à la Commission. Sans semi-conducteurs, pas de transition numérique, pas de Pacte vert. Les voitures, la 5G, la santé, la défense… Les puces sont partout et joueront un rôle de plus en plus critique. C'est pourquoi elles suscitent un intérêt géopolitique majeur. Aujourd'hui, les chaînes d'approvisionnement se caractérisent par une très forte concentration en Asie. Nous sommes fortement dépendants, tout comme les Etats-Unis d'ailleurs. Si nos importations depuis Taiwan devaient rencontrer un problème, les usines européennes seraient en rupture de puces en trois ou quatre semaines seulement. Il est absolument fondamental d'en produire beaucoup plus en Europe. L'objet du « Chips act » est de créer les conditions de cette reconquête stratégique. L'Europe ne représente aujourd'hui plus que 10 % de la production de semi-conducteurs, deux fois que dans les années 1990. Que visez-vous à terme ? Nous voulons atteindre 20 % de la production mondiale d'ici 2030, sachant que le marché devrait doubler d'ici là pour atteindre mille milliards de dollars. Il s'agit donc pour l'Europe de multiplier par quatre notre propre production. Je sais que certains ont pu juger cet objectif trop ambitieux et estimer que nous devrions nous concentrer sur la recherche et continuer de laisser à l'Asie, voire aux Etats-Unis, le bénéfice de la production… Ils ont changé d'avis. La segmentation géographique n'est pas compatible avec la résilience et l'indépendance de l'Europe, en particulier dans la nouvelle géopolitique des chaînes d'approvisionnement. On ne peut se permettre d'être dépendant de pays tiers dans des domaines stratégiques. Nous l'avons vu avec l'épisode des masques puis des vaccins. Nous nous sommes organisés au niveau industriel et avons su mettre en place les instruments de rapports de force que j'appelais de mes voeux. L'Europe s'est retroussé les manches et, deux ans plus tard, elle est désormais le premier exportateur au monde de vaccins ARNm. Preuve que c'est possible ! Lire aussi : Le boom des semi-conducteurs au défi d'investissements titanesques Comment comptez-vous convaincre les grands fabricants mondiaux de s'installer en Europe ? L'Europe est le leader mondial incontournable pour la recherche dans les semi-conducteurs. Nous avons les compétences et disposons aussi de très bons équipements industriels, notamment ceux nécessaires pour faire tourner une « mégafab » . Nous offrons aussi un environnement géopolitique stable, fondé sur le respect de l'Etat de droit. Ce sont là de forts atouts et les industriels en ont pleine conscience. Ils savent aussi que la demande est là - elle va doubler en dix ans - et qu'il leur faut augmenter leurs capacités de production. C'est d'autant plus le moment d'investir en Europe que nous leur proposons l'environnement économique et les aides financières nécessaires. Et, j'insiste, des règles claires sur la durée, ce dont les entreprises ont avant tout besoin. Les Etats-Unis prévoient d'investir plus de 40 milliards d'euros dans les semi-conducteurs. Combien l'Europe va-t-elle mettre sur la table ? Il y aura des fonds européens mais aussi des aides des Etats membres. Nous allons notamment proposer un nouveau cadre pour faciliter les aides d'Etats pour la production des semi-conducteurs. Vous le verrez, nous saurons nous donner les moyens et nous n'aurons pas à rougir de la comparaison avec les Etats-Unis. Et tout n'est d'ailleurs pas qu'une question d'argent. Notre vision, notre ambition, c'est d'être leader sur les prochaines générations de puces de moins de cinq nanomètres. Voire de moins de deux nanomètres. On ne peut clairement pas se concentrer sur les générations actuelles de puces. Il est crucial de gagner la bataille de l'innovation et de nous rendre incontournables. C'est pourquoi, au-delà de la recherche, nous allons investir dans des plateformes de conception et des lignes de production pilotes. Toutes les générations de produits de demain dépendront de ces nouvelles technologies. Si nous maîtrisons la production des microprocesseurs les plus avancés, nous aurons naturellement tout un écosystème qui se créera autour. Nous réduirons ainsi nos dépendances. Nous favoriserons la transition de l'ensemble de notre industrie. Nous créerons les emplois qualifiés de demain et l'Europe pourra à nouveau être une puissance exportatrice de semi-conducteurs. Quelles contreparties l'Europe demandera-t-elle à ses aides ? Les entreprises devront investir dans les technologies d'avenir, avec un plan de route sur 5 à 10 ans. Les aides ne seront pas accordées pour financer une simple augmentation de lignes de production actuelles pour faire face à la pénurie du moment. En revanche, pour soutenir l'innovation et la production des puces de nouvelle génération - le marché d'avenir - l'Europe sera au rendez-vous. Nous imposerons aussi des conditions très claires en matière de sécurité d'approvisionnement en cas de crise. Lire aussi : Semi-conducteurs : l'année 2021 a terminé en fanfare Cela veut dire que vous bloquerez les exportations en cas de pénurie ? Il ne s'agit pas de s'isoler, de se refermer sur soi-même. L'Europe continuera à bâtir des partenariats et privilégiera toujours le dialogue avec ses partenaires. Mais j'insiste : il s'agit bien de partenariats équilibrés, où chacun apporte quelque chose. Pour ce faire, aucune place à la naïveté. Nous devons organiser les bons rapports de force. C'est ce que nous a enseigné l'épisode des vaccins. Lorsque nos partenaires américains ont bloqué les chaînes d'approvisionnement nécessaires à la fabrication de nos vaccins, l'Union européenne s'est retrouvée dans une situation difficile. Ce n'est qu'une fois qu'elle s'est dotée d'un outil de contrôle des exportations et que j'ai pu engager un dialogue avec l'administration américaine, que nous avons débloqué, composant par composant, produit par produit, producteur par producteur, nos chaînes d'approvisionnement. C'est une méthode nouvelle pour la Commission mais elle a démontré son efficacité. Je souhaite m'en inspirer pour les semi-conducteurs. Derek Perrotte (Bureau de Bruxelles) Décoder le monde d’après Chaque jour, la rédaction des Echos vous apporte une information fiable en temps réel. Elle vous donne les clés pour décrypter l’actualité et anticiper les conséquences de la crise actuelle sur les entreprises et les marchés. Comment évolue la situation sanitaire ? Quelles nouvelles mesures prépare le gouvernement ? Le climat des affaires s’améliore-t-il en France et à l’étranger ? 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