Sport : l'affaire Mediapro accélère la mutation du foot français

Sport : l'affaire Mediapro accélère la mutation du foot français

03/12/2020 18:59:00

Sport : l'affaire Mediapro accélère la mutation du foot français

S'ajoutant à l'impact de la crise sanitaire, la défaillance du principal diffuseur de la Ligue 1 pousse le football « pro » au changement. La Ligue envisage la création d'une société gérant ses droits commerciaux, en premier lieu ses droits TV. Dans l'immédiat, elle doit déjà modifier ses statuts.

Publié le 3 déc. 2020 à 16:32Un miracle est toujours possible mais sauf surprise de dernière minute, il semble acquis qu'une nouvelle fois Mediapro ne sera pas en mesure ce 5 décembre de payer ce qu'il doit au football français, soit une nouvelle échéance de 172 millions d'euros. Pour la Ligue de Football Professionnel (LFP) qui s'est déjà lourdement endettée pour faire face à l'arrêt brutal du championnat la saison dernière et à la première défaillance de son principal diffuseur et par là même financeur, l'équation économique se complique toujours plus.

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Certes,sous la houlette du tribunal de commerce de Nanterre, un accord financier révisé à la baisse avec le propriétaire de la chaîne Téléfoot pourrait être trouvé dans les semaines qui viennent. Ou un nouvel accord avec Canal + qui diffuse déjà une partie du championnat peut être négocié. Mais la LFP le sait : quel qu'il soit, le nouvel accord sera moins généreux que celui que n'arrive pas à honorer Mediapro et qui devait rapporter au total 820 millions d'euros environ par an.

Deux frontsPour faire face à cette crise, la Ligue doit donc agir sur deux fronts. Elle doit d'un côté inciter les clubs, qui bénéficient du soutien de l'Etat (PGE, baisses des charges sociales, chômage partiel…), à réduire leurs dépenses, et de l'autre elle doit se réformer pour trouver de nouveaux leviers pour mieux valoriser ses droits et accroître ses recettes. headtopics.com

A court terme, la marge de manoeuvre des clubs pour réduire leurs dépenses reste faible. La masse salariale représentant entre 50 et 60 % de leur budget, les clubs vont chercher en priorité à réduire les salaires. Mais les joueurs sont protégés par des contrats pluriannuels. Une baisse unilatérale est donc juridiquement impossible. Obtenir une baisse pour tous au niveau d'un club ou de tous les clubs semble tout aussi difficile. Les baisses risquent donc dans de nombreux cas de n'intervenir qu'à l'échéance des contrats.

Pour réduire leurs dépenses, les clubs pourraient aussi s'accorder pour abaisser les commissions des agents en les faisant passer pour tous de 10 à 5 %. Mais cela risquerait de pénaliser les équipes françaises si les autres championnats moins fragilisés ne s'alignent pas.

En parallèle, la LFP cherche donc, également, à mieux se valoriser et réfléchit à ce titre à la création d'une société de commercialisation de ses droits, essentiellement audiovisuels. Dans un entretien au « Journal du dimanche », son nouveau président,

Vincent Labrune, n'a pas caché que les clubs ne pourront « pas faire l'économie d'une réflexion poussée sur la création d'une filiale commerciale qui gère directement les droits. » Ce sujet sera même au coeur de la prochaine AG de la Ligue, prévue le 10 décembre. headtopics.com

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Nouveaux statutsA cette occasion, il est prévu un vote sur de nouveaux statuts précisant que la LFP aura compétence « pour effectuer, directement ou indirectement, le cas échéant par le biais de structures tierces desquelles elle pourrait être membre ou associée, toutes opérations juridiques, financières ou commerciales en rapport avec son objet ». Un cadre suffisamment ouvert pour permettre une éventuelle arrivée, comme en Italie, de fonds d'investissement au sein de cette nouvelle structure. Vincent Labrune aurait d'ailleurs déjà engagé des discussions préliminaires avec plusieurs fonds intéressés.

Pour sa part,l'élite du foot transalpin vient de retenir un consortium mené par CVCafin de négocier une prise de participation à hauteur de 10 % dans une entité commerciale. Montant de la transaction : 1,6 milliard d'euros, CVC et ses partenaires garantissant au minimum plus de 1 milliard de recettes pour trois ans. Si le foot français n'a pas encore fait sienne une telle évolution, l'adoption de la modification des statuts de la LFP ouvrirait une brèche juridique.

« Après le vote de la modification des statuts, le chemin peut être long », analyse un responsable du foot « pro », avant d'ajouter : « Au fond, la société commerciale sera la conséquence de faits inhérents à la question des droits télé. On peut imaginer une mise en oeuvre pour que cela fonctionne à la prochaine saison ». « La société commerciale, c'est le sens de l'histoire. Bernie Ecclestone avait été visionnaire avec la Formule 1 en séparant réglementation de la compétition, du ressort de la FIA, et la valorisation de cette même compétition par une société commerciale », rappelle le fondateur de l'Observatoire du Sport Business, Vincent Chaudel, et de poursuivre : « l'avantage de ce modèle est de régler un problème de gouvernance. La société commerciale est uniquement là pour vendre, et, le cas échéant, faire entrer des capitaux ».

« Gros » et « petits »Dans un football français qui s'est souvent déchiré entre « gros » et « petits », la question de la gouvernance est loin d'être anecdotique. Or, cette idée de société commerciale, à l'origine poussée par des clubs de Ligue 1, inspirés par le modèle de la Premier League anglaise, ne paraît pas susciter l'hostilité de la Ligue 2 : « La société commerciale est une idée lancée par headtopics.com

Jean-Michel Aulasil y a deux ans, qui est récemment revenue sur tapis quand les clubs ont débattu du déplafonnement de la L2. Et l'UCPF (union professionnelle réunissant les clubs de L2, NDLR) ne s'y est pas formellement opposée », relate un connaisseur du dossier, avant d'ajouter : « le monde change ».

L'importation du modèle anglais implique aussi un accord avec la Fédération française de football « La LFP bénéficie d'une délégation de la fédération pour gérer le football pro. Mais, il n'y a pas vraiment d'obstacle juridique à la création d'une société commerciale, ni même à son ouverture à un partenaire financier, dans la mesure où l'on reste dans une mission d'intérêt général avec un soutien du foot « pro » au football amateur », explique l'avocat spécialiste en droit du sport Thierry Granturco.

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FormatCette évolution pourrait d'autant plus s'accélérer que son assise économique est également déstabilisée par un marché des transferts en contraction. En outre,la réforme annoncée des règles des clubs anglais est de nature à peser sur des clubs français qui se financent grande

ment par la vente de joueurs.Enfin, au-delà de la question de la valorisation de la L1, la question de son format, à savoir le nombre de clubs participants, pourrait être relancée. « Les deux questions sont liées. Les clubs parties prenantes à la société commerciale voudront garantir leurs recettes », observe d'ailleurs Maître Grandturco.

David Barroux et Christophe PalierseDécoder le monde d’aprèsChaque jour, la rédaction des Echos vous apporte une information fiable en temps réel. Elle vous donne les clés pour décrypter l’actualité et anticiper les conséquences de la crise actuelle sur les entreprises et les marchés. Comment évolue la situation sanitaire ? Quelles nouvelles mesures prépare le gouvernement ? Le climat des affaires s’améliore-t-il en France et à l’étranger ?

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