« Les compagnies pétrolières devront continuer à investir » malgré la crise du baril

« Les compagnies pétrolières devront continuer à investir » malgré la crise du baril

05/03/2021 14:46:00

« Les compagnies pétrolières devront continuer à investir » malgré la crise du baril

Affecté par la chute des cours du pétrole, le parapétrolier français CGG a vu son chiffre d'affaires chuter l'an dernier et son résultat plonger dans le rouge. Pour Sophie Zurquiyah, sa directrice générale, une amélioration est en vue car les compagnies pétrolières seront contraintes d'augmenter leurs dépenses d'exploration-production.

ParVincent CollenPublié le 5 mars 2021 à 12:41Le royaume du baril est en crise. CGG, le spécialiste français des études sismiques pour l'industrie pétrolière, publie des résultats 2020 pénalisés par la crise sanitaire ce vendredi. Le chiffre d'affaires, affecté par la chute des investissements des compagnies pétrolières, a chuté de 35 %, à 886 millions de dollars. Le résultat net est négatif de 438 millions.

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CGG publie des résultats 2020 très dégradés…C'était inévitable étant donné la chute des cours du pétrole. Mais nous avons bien résisté malgré la brutalité de la réduction des investissements de nos clients, les compagnies pétrolières et gazières. Le recul de notre chiffre d'affaires et de nos résultats aurait été bien plus sévère si nous avions conservé le profil qui était celui de CGG il y a deux ans. Nous aurions probablement perdu jusqu'à la moitié de nos revenus. Nous aurions été soumis encore plus à la volatilité des cours du pétrole car notre activité était étroitement liée aux seuls budgets d'exploration de nos clients. Notre repositionnement nous permet d'être beaucoup plus résilients.

L'entreprise peut-elle résister à cette crise, la deuxième en moins de cinq ans ?Oui car nous sommes aujourd'hui un acteur stratégique pour les compagnies pétrolières. Nous sommes plus petits qu'avant mais les services et les équipements que nous proposons sont incontournables. Dans les géosciences, l'analyse des données ou encore les capteurs, notre savoir-faire est unique et nous sommes dans des positions de leader mondial. Nous sommes sortis des secteurs les plus banalisés qui demandaient de lourds investissements comme l'acquisition des données géophysiques du sous-sol marin depuis la vente de nos derniers bateaux en 2019. headtopics.com

Sophie Zurquiyah dirige CGG depuis avril 2018.Comment se présente l'année 2021 ? Le gros de la crise est-il passé ?Pour le secteur parapétrolier, cette crise est très différente de la précédente, en 2015-2016. Il y a cinq ans, la réduction des investissements des compagnies pétrolières s'était surtout traduite par une baisse des prix imposée aux fournisseurs. Mais les investissements, en volume n'avaient pas été vraiment affectés. Cette fois-ci, il n'y a pratiquement plus de marge pour faire encore baisser les tarifs. Le recul des investissements en volume aura donc des conséquences très concrètes sur les activités d'exploration-production de nos clients, et cela ne pourra pas durer. Nous avons probablement atteint un point bas,

car les compagnies pétrolières doivent continuer à investir même si la croissance de la demande mondiale ralentit, ne serait-ce que pour maintenir leur production actuelle.Comment CGG compte-t-il en profiter ?Nous sommes bien positionnés dans des zones où nos clients sont restés actifs, comme le Brésil ou la mer du Nord. Si le baril se maintient au-dessus de 50 dollars (le brent cote actuellement plus de 65 dollars, NDLR), nos clients pourront fonctionner sereinement, en investissant pour répondre à la demande tout en continuant à verser des dividendes. Le premier semestre sera encore difficile mais une amélioration est en vue dans la deuxième partie de l'année. C'est pourquoi nous prévoyons de dégager un flux de trésorerie positif sur l'ensemble de l'exercice 2021.

Lire aussi :Pétrole : l'Arabie saoudite surprend et fait bondir les coursY a-t-il une vie pour CGG au-delà du pétrole, dont la consommation est appelée à décroître à moyen terme ?Oui, nous sommes en train de diversifier notre activité pour accompagner la transition énergétique. D'abord dans le secteur minier, où nous sommes déjà présents et où les besoins d'analyse des sous-sols sont très similaires à ceux du pétrole et du gaz. Nous serons aussi un acteur de la capture et du stockage du CO2, de la géothermie… Nos capteurs peuvent servir dans des domaines très variés pour analyser les infrastructures : ponts, voies de chemin de fer, barrages, centrales nucléaires… Enfin, nous avons une carte à jouer avec notre puissance de calcul informatique. Elle peut être mise au service de nos clients, sur le modèle du cloud computing. Au total, ces nouvelles activités, qui sont encore marginales, pourraient représenter jusqu'au tiers de notre chiffre d'affaires d'ici cinq ans.

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