Réforme des retraites : pourquoi les grèves de 2019 n'ont pas été un « remake » de 1995

Réforme des retraites : pourquoi les grèves de 2019 n'ont pas été un « remake » de 1995 ⤵

04/12/2021 00:14:00

Réforme des retraites : pourquoi les grèves de 2019 n'ont pas été un « remake » de 1995 ⤵

Une note du directeur du département « opinion et stratégies d'entreprise » de l'Ifop, Jérôme Fourquet, décortique les points communs et différences entre les deux mouvements sociaux. Un travail qui permet de mesurer l'évolution du monde du travail depuis deux décennies.

mais qui s'acheminait vers une défaite lorsque l'arrivée du coronavirus a stoppé net le vote du projet de loi au Parlement.2019 versus 1995… Une note du directeur du département « opinion et stratégies d'entreprise » de l'Ifop, Jérôme Fourquet, décortique les points communs et différences entre ces deux mouvements sociaux emblématiques, donnant à voir l'évolution de la conflictualité depuis deux décennies alors que des tensions salariales sont en train de resurgir.

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Moins de « tous ensemble »A vingt-quatre ans d'intervalle, on retrouve bien les deux fois un conflit « de longue durée ». Mais avec un recul du gouvernement dans le premier cas et dans l'autre, un exécutif qui a tenu bon. Si les deux ont été portés par une grève « dure » des « salariés de la SNCF et de la RATP soutenus par d'autres catégories de la population », « les changements intervenus en l'espace de deux décennies ont pesé significativement dans l'issue du conflit », souligne l'auteur de l'ouvrage « La France sous nos yeux ».

Lire aussi :INTERVIEW - Jérôme Fourquet : « On assiste à une archipélisation des mouvements sociaux »« Le fameux slogan 'Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais !', qui s'était imposé dans les cortèges et les piquets de grève en 1995, apparaît moins en phase avec l'état d'esprit prévalant en 2019 », explique Jérôme Fourquet qui résume l'évolution par une métaphore ferroviaire : les locomotives historiques des entreprises publiques sont devenues moins puissantes et la liaison avec les wagons des autres salariés et de l'opinion publique s'est distendue. headtopics.com

Premier changement noté par le politologue : celui intervenu dans le corps social cheminot « plus hétérogène et plus fragmenté qu'en 1995 », qui « n'a pas permis de construire un front aussi large ». En 2019, l'« aristocratie » des agents de conduite, très massivement syndiquée et stratégique, « s'est retrouvée plus isolée et a été moins suivie par le reste du corps social de la SNCF », dont 10 % des agents ne sont plus sous statut.

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Changement de cultureLa deuxième évolution tient au fait que « les autres grandes entreprises publiques ne sont pas rentrées dans le mouvement », souligne Jérôme Fourquet. Des fonctionnaires et des salariés d'EDF, de La Poste ou d'Orange ont suivi, mais bien moins qu'en 1995. Le changement de culture a conduit à « fragmenter l'ancienne sphère des salariés du public », devenue « beaucoup moins homogène et beaucoup moins solidaire ».

Le fameux slogan 'Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais !', qui s'était imposé dans les cortèges et les piquets de grève en 1995, apparaît moins en phase avec l'état d'esprit prévalant en 2019.Jérôme Fourquet

En troisième lieu, le politologue pointe « la difficulté de la CGT à mobiliser ses bastions » hors du secteur public. Les raffineries s'étaient soulevées en masse en 1995, allant jusqu'à bloquer la production. Pas en 2019. Et les étudiants n'ont pas suivi le mouvement cette fois-ci. headtopics.com

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Enfin, dernier ingrédient majeur : l'opinion publique. Elle a certes majoritairement soutenu le mouvement aussi sous Emmanuel Macron, mais cet appui n'a pas progressé au fil du conflit, contrairement à 1995, tandis que les débordements dans les manifestations récentes ont illustré « la perte d'influence et d'autorité des syndicats, mais aussi leur capacité à… tenir physiquement le haut du pavé ».

Leïla de ComarmondDécoder le monde d’après

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