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États-Unis, Kiki Smith

Kiki Smith : «Ma génération a bénéficié du combat de femmes artistes»

Kiki Smith, qui expose en ce moment à la Monnaie de Paris : «Ma génération a bénéficié du combat de femmes artistes»

18.1.2020

Kiki Smith , qui expose en ce moment à la Monnaie de Paris : «Ma génération a bénéficié du combat de femmes artistes»

L’artiste américaine expose jusqu’au 9 février à la Monnaie de Paris. Elle explique comment les femmes ont conquis de nouveaux champs d’expression dans le monde de l’art.

La Monnaie de Paris consacre la première monographie française de Kiki Smith. Célèbre pour sa sculpture d’un Christ féminin – un Jésus tombant aux cheveux longs (Untitled, 1995) –, l’artiste américaine de 65 ans a mis les femmes au cœur de son art : dans ses dessins, ses sculptures ou ses tapisseries, les corps féminins y trouvent une place de choix, toujours en délicatesse et empreints de légendes ancestrales. Faisant délibérément des choix esthétiques à rebrousse-poil de l’art dominant, privilégiant l’artisanat et les arts décoratifs (dessin, tapisserie, céramique), fuyant la figure en surplomb de l’artiste moderne, Kiki Smith charge ses pièces de rêves et de contes fondateurs. A Libération, elle raconte à quel point, selon elle, les femmes artistes ont changé l’art des cinquante dernières années et comment sa génération a bénéficié du rôle des pionnières. Comment êtes-vous devenue féministe ? Dans les années 70, j’avais 20 ans, je sortais tout juste du lycée, et il y avait une grande effervescence féministe à l’époque. Forcément, j’étais très influencée par ces voix de femmes féministes et j’aurais pu être encore plus influencée si j’avais poursuivi mes études à l’université. A l’époque, toute la culture changeait, les gens essayaient de configurer leurs identités, essayaient de voir toutes les possibilités qui s’offraient à eux. Il y avait plusieurs mouvements qui se rejoignaient, comme celui pour les droits civiques et celui contre la guerre du Vietnam. S’il y avait une telle énergie autour du mouvement féministe, c’est peut-être aussi parce que certaines femmes étaient frustrées de la place qu’on leur accordait dans le mouvement pacifiste. En Amérique, il y a toujours eu une succession de mouvements qui s’enchaînaient, en réponse à beaucoup de pratiques d’exclusion. Bien sûr, j’ai participé à des manifestations dans la rue. C’était une période très dynamique. A lire aussi La Monnaie de Paris lâche l'art contemporain Devenir une artiste, c’était compliqué à l’époque ? J’ai grandi dans un milieu artistique. Mon père enseignait à Bennington, une université d’art privée pour filles dans le Vermont. Donc j’avais sous les yeux beaucoup de filles qui se battaient très activement pour devenir artistes. C’est vrai que dans la génération de mon père, les artistes étaient pour la plupart des hommes. Mais au moment où j’ai grandi, franchement, dans le groupe dans lequel j’ai évolué, il y avait autant de femmes que d’hommes. Peut-être qu’en début de carrière, c’est vrai, les choses n’étaient pas si égalitaires… Pourtant, Jenny Holzer a été l’une des premières à vraiment montrer son travail. Il y avait le groupe Artists in Residence (AIR) - la première galerie pour femmes artistes aux Etats-Unis, créée en 1972. Beaucoup de femmes se sont battues en première ligne dans ces années-là - des gens qui sont morts aujourd’hui -, et finalement les femmes de ma génération ont bénéficié de leur combat. Je pense à Cindy Sherman, Jenny Holzer, Laurie Simmons… toutes ces artistes ont commencé à montrer leur travail dix ans avant moi, je suis plutôt lente à l’éclosion dans mon genre… Et puis il y a eu la génération suivante, celle de Kara Walker. Pour ma génération, en fait, il y a eu beaucoup d’exemples de femmes artistes qui ont créé un précédent. C’était presque une norme. Mais cela ne change pas le fait qu’il y a encore d’énormes disparités dans les musées, notamment dans l’élaboration des collections qui parfois se montent avec des impératifs obscurs. Votre père était un sculpteur monumental. Quel rôle a-t-il joué dans votre choix de devenir artiste ? Je dirais que mon père était un expressionniste abstrait et non pas un artiste minimaliste, comme on le classe souvent. Il nous a toujours soutenues, ma sœur Seton et moi-même, à devenir des artistes. C’est vrai que je n’ai jamais fait de grosses choses comme mon père ni de grandes sculptures, et je n’ai pas utilisé de noir avant l’âge de 40 ans : c’était la couleur de mon père et je culpabilisais de l’utiliser à mon tour. J’ai grandi dans une famille d’artistes, ma mère était chanteuse d’opéra, et mon père artiste et architecte. Ils nous ont vraiment donné la possibilité de devenir artistes à notre tour, comme un héritage direct de leur vécu, et ont toujours considéré l’art comme un langage viable. Pensez-vous que les femmes artistes sont sous-estimées ? Cela dépend sur quel plan on se place. Si les femmes artistes n’ont sans aucun doute pas dominé le marché de l’art, elles ont dominé les discours et ont énormément contribué à la transformation du monde de l’art dans les cinquante dernières années. Je pense à l’influence d’artistes comme Joan Jonas, Yvonne Rainer ou même Annette Messager ou encore Martha Wilson. Elles ont ouvert tellement de possibilités et de nouveaux champs d’expression. Tout a changé avec elles. Et dans tous les arts d’ailleurs, l’écriture, la philosophie… Quand on est marginalisé, qu’on se sent marginalisé, on a du coup énormément d’énergie. Et dans son coin, on fait ce qu’on veut. En faisant ce qu’elles voulaient, les femmes ont explosé et conquis des espaces encore intacts. Quand je pense à mon art, je pense à celui de Louise Bourgeois, à Frida Kahlo, à toutes ces femmes qui ont amené la psychologie ou quelque chose de l’ordre de la psyché intime dans l’art, je pense aussi aux femmes surréalistes et à la façon dont nos consciences ont évolué grâce à elles. Le travail d’Adrian Piper [l’artiste a introduit des questions de race et de genre dans l’art conceptuel, ndlr] me vient aussi à l’esprit. En fait, les femmes ont juste changé toute la manière dont on était capable de penser jusqu’ici. Tous les artistes ont bien sûr à cœur de changer les choses mais je pense qu’on peut faire une liste assez longue de femmes qui ont changé les paradigmes en profondeur. Vous vous êtes intéressée aux sorcières… J’ai grandi dans une sorte de maison hantée dans le New Jersey. Il y avait des pierres tombales devant notre maison avec des noms gravés dessus. J’avais 10 ans à peu près. Il y a des moments dans la vie où l’on réfléchit à ces figures-là. Quand j’ai créé Pyre Woman Kneeling («une femme au bûcher agenouillée»), un projet pour une sculpture d’art public, je me suis interrogée sur ce qui était finalement adapté à un lieu public et j’ai participé en concevant un monument à la mémoire des femmes assassinées. Je n’ai pas attendu qu’on vienne me chercher. Je l’ai proposé de mon propre chef, mais je n’ai pas eu beaucoup de succès [la proposition de Kiki Smith n’a pas été retenue !]. La sorcière a été un outil de domination des femmes, une figure que l’on agitait pour voler des terres, voler des héritages, discréditer les gens. On retrouve cette figure en Europe et aux Etats-Unis, et elle a voyagé avec les idées coloniales. Quel regard portez-vous sur le mouvement #MeToo ? Je pense que c’est un mouvement naturel de ras-le-bol qui arrive quand on est victime d’intimidations, d’abus et de mise au rebut et qu’on est professionnellement empêché. Ce mouvement est né de l’accumulation de toutes ces choses. Pour beaucoup de femmes qui se mettent à parler aujourd’hui, et souvent elles le font pour des faits qui remontent à des dizaines d’années, elles arrivent à un âge auquel elles n’ont plus besoin de se protéger. Elles n’ont plus peur et ont survécu d’une certaine manière à ces agressions et elles trouvent un moyen d’y remédier de façon très directe. Le comportement de pas mal de personnes est dégoûtant. Je ne connais personne qui ait par ailleurs atteint l’âge adulte de façon totalement blanche… mais certains ont vraiment bâti leur carrière sur des actes déplacés et, vous savez, les choses refont surface un jour ou l’autre. Il faut cependant faire preuve de nuances : certains faits relèvent de l’indiscrétion, et d’autres concernent des comportements très clairement inappropriés. Ces derniers ont causé un tort durable et marqué irrémédiablement la vie des victimes. Lire la suite: Libération

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