Gretchen Whitmer : la femme qui peut battre Trump ? - Elle

Gretchen Whitmer : la femme qui peut battre Trump ?

29/05/2020 12:19:00

Gretchen Whitmer : la femme qui peut battre Trump ?

Farouche opposante de Trump, la gouverneure Gretchen Whitmer a fait une percée fulgurante sur l’échiquier politique américain. Jusqu’à la vice-présidence ?

Donald Trump. « À Lansing (capitale du Michigan), vous ne trouverez personne, républicain ou démocrate, qui n’admire les compétences de la 49e gouverneure de l’État », statuait un portrait élogieux dans le journal « Politico ». « De plus, presque tout le monde l’adore. Elle est authentique, sûre d’elle, prompte à donner une accolade ou à partager une blague salace. » Jusqu’à il y a peu, cette démocrate de 48 ans était une figure du Michigan, élue de longue date – à la Chambre des représentants puis au Sénat –, fille d’une famille de l’establishment local et mère de deux filles.

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« Mais au niveau national, explique Ron Fournier, ex-journaliste politique pour Associated Press devenu communicant, elle était inconnue, jusqu’à la combinaison de deux événements : son élection au poste de gouverneur dans l’un des États décisifs pour l’élection présidentielle, et le fait que le Michigan devienne un des premiers foyers du

. » Élue il y a seize mois seulement, Gretchen Whitmer fait maintenant partie de la short list des candidates à la vice-présidence aux côtés de Joe Biden.« Une star politique »Dans le Michigan, les premiers cas de Covid-19 ont été identifiés le 11 mars. Très vite, l’État devient le troisième foyer épidémique du pays. La gouverneure réagit vite, déclare l’urgence sanitaire et des mesures chaque jour plus strictes. Mais le Michigan a besoin de tests, de masques, d’argent. Face à l’augmentation du nombre de morts et au manque de ressources, elle appelle Washington à l’aide, tout en critiquant publiquement l’absence d’une stratégie nationale sur la pandémie, qui met les États en concurrence pour le matériel médical. À l’ère trumpienne, évidemment, ce genre de liberté se paie de représailles « ad hominem ». Trump la surnomme publiquement « Gretchen “Half” Whitmer » (pour « halfwit », idiote). Lors d’un de ses inénarrables points presse quotidiens à la Maison-Blanche, se voulant insultant, il fait référence à « cette femme du Michigan », et déclare que son administration n’aidera que les gouverneurs qui « apprécient » ses efforts : donnant-donnant. « Et du jour au lendemain, elle est devenue une star politique », commente Ron Fournier. Car cette escalade lui fait bien sûr prendre de la hauteur.

Comedy CentralGretchen Whitmer se fait faire un T-shirt « That Woman From Michigan », qu’elle arbore à la télé, et oppose, aux bassesses et à l’incurie du président, raison, dialogue, unité, prudence, gravité. Le 21 avril, elle signe une tribune dans le « New York Times » : « Lorsqu’il s’agit de combattre ce virus, nous sommes tous dans la même équipe. En ce moment, l’humanité a un ennemi commun, et c’est le Covid-19. […] Chaque décision me pèse. Chaque action a été éclairée par les meilleurs conseillers scientifiques et épidémiologiques qui existent. Ces choix ont été difficiles. Ils n’ont pas toujours été populaires. Et nous ne saurons jamais exactement combien de vies ont été sauvées grâce à eux. » Comme le souligne un lecteur : « Il n’y a rien que Donald Trump déteste plus qu’une femme qu’il ne peut pas faire taire via un contrat de mariage ou un règlement de divorce. » Elle a même les honneurs du « Saturday Night Live » : une consécration. Et si Gretchen Whitmer n’est pas la seule gouverneure à critiquer ouvertement la politique de Trump, la situation stratégique du Michigan – un État clé de l’élection présidentielle, que Trump n’a gagné que d’un cheveu en 2016 – fait d’elle une cible particulière.

De violentes manifestationsLe 15 avril, à Lansing, comme dans d’autres villes du Minnesota et de Virginie, des milliers de manifestants mobilisés par des groupes conservateurs se rassemblent en voiture pour dénoncer l’impact du confinement sur l’économie. Sur les pancartes, on peut lire : « La liberté une fois perdue est perdue à jamais », « La sécurité sans la liberté s’appelle la prison », « Whitmer, dégage ! ». « Une petite minorité mal informée, juge Ron Fournier. Ils sont aussi manipulés. Si Whitmer n’avait pas figuré sur la liste de Biden, l’establishment conservateur national n’aurait pas encouragé ces manifestations. » Au lieu de défendre les autorités, Trump prend le parti des manifestants et tweete : « LIBÉREZ LE MICHIGAN ! »

Le 30 avril, des militants d’extrême droite envahissent le Capitole pour protester contre la prolongation du confinement. Certains ont des armes lourdes, d’autres arborent drapeaux des Confédérés et croix gammées. Elle est représentée grimée en Hitler. Morceaux choisis : « Le virus est là, il va rester, donc il faut qu’on puisse continuer à vivre et arrêter d’entraîner notre économie vers le socialisme. » « J’aime la liberté. En Amérique, on doit être libre. Ils n’ont pas le droit de nous protéger contre notre volonté. » « Des gens bien », selon Trump, auxquels la gouverneure devrait faire quelques concessions. De fait, le confinement se poursuit, mais les règles s’assouplissent. Car Gretchen Whitmer doit réussir la prouesse de gérer cette crise sanitaire sans (trop) froisser Trump, qui a le pouvoir de l’aider (ou pas). Le tout en auditionnant pour le ticket présidentiel.

© Paul Sancya/AP/SipaUne survivante dans l'embarrasEn 2013, alors sénatrice, elle s’était déjà illustrée par son courage, en protestant – c’était la seule à l’avoir fait – contre une loi qui excluait l’avortement des polices d’assurance-santé, même en cas de viol ou d’inceste, à moins de payer un supplément. « Cela envoie le message aux femmes qui ont été violées qu’elles auraient dû y penser en amont et s’organiser », avait-elle déclaré, avant de poser ses notes et de poursuivre, poignante, devant une assemblée de quarante-huit hommes (et quatre femmes) : « Je vais vous dire quelque chose que je n’ai pas partagé avec beaucoup de gens dans ma vie : il y a vingt ans, j’ai été violée. […] Vous savez à quel point je peux être dure. [Mais] ce souvenir me hante encore. »

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Dure loi des alliances politiques : ce témoignage lui revient aujourd’hui comme un embarras, alors queJoe Biden est accusé par une ex-collaboratrice de harcèlement sexuel, entraînant toutes ses potentielles colistières (il a promis qu’il choisirait une femme) dans des contorsions gênées. Gretchen Whitmer se dit « très à l’aise » sur le sujet, croyant la version de « Joe », qu’elle « connaît bien ». « Nous nous devons d’écouter ce témoignage [de Tara Reade, qui accuse Biden, ndlr], et nous nous devons de le vérifier, de faire preuve d’esprit critique », a-t-elle déclaré à l’animateur du « Daily Show », Trevor Noah. Après le léger flottement créé par cette réponse, elle a ajouté, plus incisive : « Je n’aime pas le fait que, à chaque fois qu’un cas comme celui-là se présente, nous, les survivantes, devions nous prononcer. Cela rouvre les blessures. »

Mais c’est sur sa gestion de la crise sanitaire que le bilan politique de Gretchen Whitmer sera analysé et jugé. La situation financière de l’État est alarmante. Pour l’instant, « elle est très populaire, juge encore Ron Fournier, ce qui est surprenant vu la polarisation du Michigan. La popularité de Trump est bien plus faible. Elle devrait remercier le ciel chaque fois qu’il l’attaque, parce qu’il augmente sa visibilité au niveau national. » Mais ses relations avec le président se sont un peu réchauffées. Sa longue carrière de politique locale a appris à Gretchen Whitmer à négocier avec l’ennemi. À l’approcher pour mieux le connaître, à boire des bières avec lui, à faire semblant. « J’ai eu beaucoup de mentors hommes, a-t-elle déclaré à “Politico”. L’un d’entre eux me disait : “Essaie de te moquer de tes adversaires à l’occasion. Ne te fâche pas à cause de ce qu’ils disent ; réponds simplement : ‘Oh, allez. Je sais que vous n’y croyez pas.‘” Parce que, disait-il, “ça les rend fous”. »

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