Denzel Washington : « Moi, je suis un type de Mount Vernon, je vais vous montrer »

Denzel Washington : « Moi, je suis un type de Mount Vernon, je vais vous montrer »

14/01/2022 20:37:00

Denzel Washington : « Moi, je suis un type de Mount Vernon, je vais vous montrer »

À l’affiche de The Tragedy of Macbeth de Joel Coen sur AppleTV+, Denzel Whasington s’empare d’un personnage mythique du théâtre anglais pour en livrer une version aussi élégante que glaçante. En 1995, tout juste parvenu au sommet, l’acteur avait amené Vanity Fair sur les lieux de son enfance, à Mount Vernon, dans la banlieue de New York. Nous republions ici cette rencontre inédite, pleine d'exclamations. Texte : Lloyd Grove.

Source: Getty ImagesChez « Greasy Nick’s », à l’entrée de Mount Vernon, Denzel Washington commande des palourdes, du maïs et un hamburger qui croule sous les oignons. J’essaie de suivre mais je renonce lorsque, après une deuxième tournée de coquillages, il commande un hot-dog. « Il faut bien comprendre que c’est du papier paraffiné à l’ancienne », s’émerveille-t-il. Les épis sont arrivés comme promis dans leur plat en aluminium et ils baignent dans le gras. « C’est du vrai beurre ?, je demande.

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et Le Diable en robe bleue. « Je voulais que les vacances soient éducatives pour les gosses », dit-il. Durant une visite au pas de charge de l’Afrique du Sud, il a été reçu en véritable chef d’Etat. Pauletta et lui ont renouvelé leurs vœux de mariage devant l’archevêque Desmond Tutu et ont rencontré des membres du parlement. Nelson Mandela a joué avec leurs enfants. Washington a été si bouleversé par sa rencontre avec le président Mandela qu’il a sur-le-champ fait don d’un million de dollars à son fonds d’aide à l’enfance. « On a su tout de suite que c’était la chose à faire. C’est une vraie bénédiction, vous savez, ce qui m’est arrivé. Une chose est sûre, tout cet argent, on ne l’emporte pas au paradis. Ni même dans la tombe. Moi, je suis juste un type de Mount Vernon, je vais vous montrer. » Source: Getty Images Ron Galella Poubelles, chômage et off-Broadway Chez « Greasy Nick’s », à l’entrée de Mount Vernon, Denzel Washington commande des palourdes, du maïs et un hamburger qui croule sous les oignons. J’essaie de suivre mais je renonce lorsque, après une deuxième tournée de coquillages, il commande un hot-dog. « Il faut bien comprendre que c’est du papier paraffiné à l’ancienne », s’émerveille-t-il. Les épis sont arrivés comme promis dans leur plat en aluminium et ils baignent dans le gras. « C’est du vrai beurre ?, je demande. - J’en doute. Il y en a peut-être un peu dans le tas, mais ce qui compte, c’est que ce soit bien gras. - Vous mangez toujours comme ça ? - Jamais de la vie ! T’es obsédé par la santé ou quoi ? Mec, si on vient chez Greasy Nick’s, on vient pour le gras ! D’où le nom. CQFD ! » Le père de Washington était pasteur pentecôtiste, sa mère esthéticienne : « Deux domaines qui se prêtent à l’expression, note l’acteur. Avec l’esthétique, le maquillage, on est déjà dans le théâtre, on raconte des histoires. Ma mère est née en Géorgie mais elle a grandi à Harlem. Elle était stricte. Sévère. À juste titre. Qui aime bien, châtie bien, comme on dit. Mon père, lui, est de Virginie. Un type d’une très grande spiritualité. Même si un seul quidam se pointait à l’église, il lui sortait le grand jeu. Il avait deux boulots en plus de ça, il bossait dans un grand magasin et pour la compagnie des eaux. On ne le voyait pas beaucoup. Quand on se réveillait, il était déjà parti, et on dormait quand il rentrait. » Les parents de Denzel se sont séparés lorsqu’il avait quatorze ans. D’après sa sœur Lorice, l’aînée des enfants, leur mère a pris la décision peu commune de les envoyer en pension – faisant les fonds de tiroir pour payer les frais de scolarité – afin de les protéger des disputes. Le révérend Washington, lui, est mort en 1991, à 81 ans. Tout le monde s’accorde à dire qu’il était un prédicateur de talent. « Denzel s’en est inspiré pour jouer Malcolm X », déclare sa sœur. « Sa gestuelle, ses inflexions étaient celles de papa. » L’intéressé ne cède pas à l’introspection. « Il y a toujours des gens pour dire qu’il faut passer par la case thérapie… J’évacue peut-être certaines choses dans mon travail, mais elles ne m’ont jamais empêché de dormir. Là où j’ai grandi, personne ne pouvait se payer un psychologue. En fait, on n’avait jamais entendu parler de thérapie. Nous, ce qu’on se disait, c’est ‘Bouge-toi les fesses et trouve du taf ! » Ce qui nous ramène à son expérience précoce du monde du travail. « J’ai d’abord bossé chez un barbier, vers 11, 12 ans. Je passais le balai, j’époussetais les clients après la coupe, je portais leurs habits au pressing. J’étais à l’affût du moindre dollar ». Plus tard, lors de ses déboires universitaires, il en est revenu à l’huile de coude. « J’étais paumé. J’ai envisagé l’armée mais je n’étais pas fait pour ça. J’ai bossé à la poste. J’ai fait l’éboueur, ramassé les poubelles. Là, je me suis dit que je ferais mieux de retourner en cours ! » C’est en reprenant ses études qu’il a découvert sa vocation d’acteur. Dans son premier rôle notable, il incarne le petit ami de l’athlète olympique Wilma Rudolph dans le téléfilm Wilma . Une jeune star montante, Pauletta Pearson, jouait la coureuse Mae Faggs. Leur histoire ne débute qu’un an plus tard, lorsqu’ils se recroisent à une fête. Bientôt, ils emménagent ensemble, dans sa chambre à lui, chez sa mère, à Mount Vernon. Puis Denzel Washington décroche un premier rôle dans Carbon Copy , comédie sans grand intérêt dans laquelle il incarne le fils noir illégitime d’un cadre supérieur blanc joué par George Segal . Mais ça ne l’empêche pas de pointer à l’agence pour l’emploi : « Dans la file, se souvient l’acteur, un type m’avait dit qu’il m’avait vu au ciné et se demandait ce que je foutais là. Je lui avais répondu que j’attendais mon chèque du chômage, comme lui et tous les autres. » Le jeune homme n’est pas loin de toucher le fond quand on l’appelle pour tenir le rôle de Malcolm X dans une modeste pièce de théâtre, off-Broadway. Il est ensuite remarqué dans une pièce de Charles Fuller qui lui vaut un Obie Award, avant de décrocher le rôle du Dr. Phillip Chandler dans la série TV Hôpital Saint Elsewhere . Après ça, il ne cessera jamais de travailler. Source: Getty Images « Un Noir à Manhattan, qui cherche un taxi… woooo » Denzel Washington vit actuellement en famille sur , à Los Angeles, dans une maison qui appartenait à l’acteur William Holden (et où s’était tenue la réception de mariage de Ronald et Nancy Reagan ). « Je suis un gars simple », dit-il. Mon seul luxe, c’est les voitures. Là, je peux flamber, oui. J’ai une Porsche. Et je conduis une grosse Mercedes, une V-12. » Il interrompt son exposé automobile, secoue la tête, l’air contrit : « Voilà, maintenant vous allez écrire que… Non, attendez. » Un silence quasi-militaire puis, avec obligeance, il ajoute : « Bon. J’ai aussi une Ferrari. » Mohamed conduit la limousine vers le sud de Mount Vernon – les quartiers aisés. « Gamins, on venait en vélo, on regardait les baraques, ça nous faisait rêver », murmure–t-il. « Avez-vous eu des démêlés avec la justice à cette époque ? », je lui demande un peu au hasard. « Non. Je n’étais pas vraiment un mec à problèmes, mais quelques-uns de mes amis ont passé du temps en cabane. Des types avec qui j’ai grandi, de 5 à 15 ans, certains y sont encore, certains sont morts, c’est comme ça. » Alors que la sectorisation scolaire venait d’être abolie, c’est en bus que le jeune Denzel se rendait au collège dans les beaux quartiers : sa première expérience en tant que minorité dans un milieu majoritairement blanc. « C’était le bout du monde pour nous. Je me suis fait des amis, mais je me souviens que le père de l’un d’eux n’a pas voulu me laisser entrer chez eux. Au bout du compte, ça allait, parce que le soir, on rentrait à la maison. » Pourtant, même aujourd’hui, malgré son succès, il arrive rarement à trouver un taxi dans New York. « Un Noir, à Manhattan, qui cherche un taxi…woooo, peu importe ce qu’on fait dans la vie… », dit Denzel Washington. Il croise le regard de Mohamed dans le rétroviseur. « Vous rigolez, pas vrai ? Vous savez de quoi je parle. » « Je suis Égyptien, moi, monsieur, répond Mohamed avec un accent. Blanc, Noir, peu m’importe. Si vous me traitez avec respect, je vous traite avec respect, sauf qu’un jour je me suis fait braquer par un Afro-Américain. - Vraiment ? Au volant ?, s’enquiert en retour le comédien. Il a sorti un flingue et tout ? - Oui, et moi je vais pas risquer ma peau pour… pour…, répond Mohamed. - Je comprends, conclut Denzel Washington. C’est de la peur autant que du racisme. J’en ai parlé avec des chauffeurs de taxi, et ils me disent, “Vous savez quoi, un type m’a mis son flingue dans la tronche.” C’est dur. C’est injuste, mais se prendre une balle dans la tête, c’est injuste aussi. » Des scénarios sous le soleil Denzel Washington finit par demander au chauffeur de s’arrêter devant le « Boys and Girls Club », un bâtiment trapu qui aurait bien besoin d’un coup de peinture. Depuis quelques années, l’acteur est le visage de cette association à but non lucratif qui œuvre pour la jeunesse depuis 1960. « La nouvelle enseigne est arrivée, c’est bien. J’essaie d’injecter de l’argent. » Ignorant la pagaille alentour, Denzel Washington me fait visiter. « Je vais vous montrer le gymnase. » Transpiration rancie ; parquet au vernis écaillé. Les yeux au plafond, mon guide remarque, attristé, le dégât des eaux. « J’ai pour ainsi dire vécu ici de 6 à 18 ans », dit-il. Une nuée d’adolescents excités et brandissant des bouts de papier arrive. « Non, non, me faites pas bosser », râle Denzel Washington, gentiment. « Vous savez, si je me mets à signer des autographes, j’en ai pour la journée… OK, un, d’accord. C’est pour qui ? » Il les signe tous, d’une écriture soignée, ajoutant un petit mot personnel pour chacun. Denzel Washington quitte le Boys & Girls Club pour s’arrêter sur un terrain de jeu où il a reconnu quelques têtes. Il est de nouveau pris d’assaut, mais ici, pour la première fois, il y a de la tension dans l’air. Certains semblent prêts à tout pour trouver du travail. « T’as pas besoin d’un agent de sécurité ? », lui demande un jeune homme. « Pas ici, pas à Mount Vernon », réplique Denzel Washington. « Comment ça va ? », demande-t-il à une vieille connaissance. La réponse est pudique : « On fait aller… mais j’ai connu mieux. » Plus loin, un type l’interpelle : « Quand est-ce que tu vas rendre quelque chose à la communauté ? » Un jeune homme de vingt ans, petit et musclé, en baskets montantes, le prend à part pour lui faire des confidences à voix basse. « Pas le moment ni l’endroit pour ça », répond l’acteur. « Donne-moi ton numéro et je t’appelle. » Quelques semaines plus tard, au téléphone, je lui demande de quoi il s’agissait. « Il essayait de me filer un scénario. » Et il éclate de rire. De retour à Los Angeles, où il reçoit une bonne quarantaine de scénarios par mois, il repense à sa visite à Mount Vernon. « C’est dur, tant de gens sont malades, tant de gens sont morts. Grandir là, pour moi, ça a été merveilleux. J’adorerais pouvoir traîner sur les terrains de jeu, à me rappeler le bon vieux temps. Mais c’est impossible, soupire-t-il. Comme on dit, c’est impossible de rentrer chez soi. » Source: Getty Images