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Charge mentale en confinement : 'L’impression de vivre la vie d'une femme au foyer des années 1950'

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01/04/2020 16:01:00

Charge mentale en confinement : 'L’impression de vivre la vie d'une femme au foyer des années 1950' Société Confinement ConfinementJour16 Coronavirus

Ménage, cuisine, école à la maison… Depuis le début du confinement, mères et pères se retrouvent assommés par la charge des tâches domestiques, tout en continuant de travailler. Une charge mentale qui pèse davantage sur les épaules des femmes.

Avant la quarantaine, Clémence pouvait compter sur les services d’une aide ménagère mais aussi d’une «nanny» pour s’occuper de ses enfants jusqu’à 20 heures. Conséquence d’une vie à cent à l’heure et d’un travail prenant dans un cabinet de conseil. «Durant la première semaine, je n’ai fonctionné qu’à l’urgence, nous confie-t-elle. C’est une discipline olympique de travailler et de gérer mes trois filles en même temps, aussi autonomes soient-elles.» D’autant que la crainte de se voir distancer par ses collègues lui met la pression. «C’est certain, on ne part pas avec le même bagage. Ceux qui n’ont pas d’enfants gagnent en productivité. Au contraire, on demande à celles et ceux qui ont des enfants d’être au four et au moulin. Forcément, on a peur d’être placardisée, d’être identifiée comme celle qui est toujours avec ses gosses.»

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À lire aussi » "C’est loin d’être des vacances" : dans le quotidien des parents en quarantaine avec leurs enfantsEn vidéo, coronavirus, quelles sont les surfaces à nettoyer ? Un quotidien chamboulé Des réunions professionnelles sur Skype à la préparation des repas, en passant par les machines qu’il faut faire tourner, les cours de français… La vie en confinement est loin d’être de tout repos. Et davantage encore pour les mères de famille, célibataires ou pas. Lisa a vu sa routine basculer depuis plusieurs jours : «Mon mari est de très bonne volonté mais c’est vrai que je n’arrête pas depuis une semaine. Je jongle entre le boulot, le suivi pédagogique de ma fille qui est en maternelle, et mon fils d’un an et demi dont il faut s’occuper. À cela s’ajoute toutes les tâches domestiques.»

À 35 ans, cette Bordelaise est à la tête d’une agence de design qu’elle a fondé avec son époux. Si l’activité de l’entreprise a quelque peu ralenti, la charge mentale de Lisa, elle, s’est accrue. «C’est moi qui m’occupe du suivi scolaire, des activités, des jeux à faire, des repas… Ce n’est pas que mon mari ne veut pas le faire mais il n’y pense tout simplement pas. Lui reste absorbé dans les projets et ne voit pas le temps filer. Forcément, moi j’ai tendance à tout anticiper avant que le petit braille», raconte-t-elle. Au départ, le couple avait pourtant mis en place un système de rotation : une demie-journée dédiée au travail, la seconde consacrée aux enfants. «Finalement, on s’est vite laissé déborder. Quand l’un commençait, l’autre avait du mal à laisser sa place», se souvient Lisa.

Valentine*, quant à elle, est mère célibataire. Avec deux enfants à charge (de six et trois ans), elle a préféré quitter la capitale le temps du confinement pour gagner sa maison de campagne en Normandie. «Au moins, ils ont la liberté de courir dans le jardin.» Depuis une semaine, la cadence est rude, même «infernale». «Il y a toujours 50.000 choses à faire. La maîtresse de mon aînée, qui est en CP, a envoyé aux parents d’élève un programme long comme le bras et nous a dit de ne pas culpabiliser, de faire ce qu’on pouvait. En attendant, je vois que tous les parents avancent et je n’ai pas envie de pénaliser ma fille», avoue Valentine qui démarre une deuxième journée, de travail cette fois-ci, aussitôt les enfants couchés. «Pour le moment, je rattrape le soir ou quand le petit fait sa sieste», poursuit-elle. Néanmoins, Valentine espère que son ex-conjoint, resté à Paris, respectera bien la garde alternée et la relaiera pour s'occuper des enfants. «Ce serait, pour moi, une soupape de décompression.»

"Cette crise fait ressortir les inégalités" Comme Clémence, Lisa ou Valentine, la gestion du foyer incombe plus aux femmes. C’est ce qu’on l’appelle la charge mentale, définie comme «le poids psychologique que fait peser la gestion des tâches domestiques et éducatives», telles que le ménage, l’administratif, la comptabilité et les obligations parentales. «Tout le monde a une charge mentale. La question, c’est comment elle est répartie. Et ce qu’on observe c’est qu’elle pèse sur les épaules des femmes», assure Coline Charpentier, créatrice du compte Instagram @taspensea.

C’est sur les réseaux sociaux que les femmes trouvent, le plus souvent, du réconfort. Elles y partagent leur lassitude de devoir sans cesse porter à bout de bras la maisonnée. «Pour moi le confinement, c’est devoir gérer le télétravail, le travail à la maison, deux enfants de quatre et sept ans, et un mec si accroc à son jeu sur PC qu'il ne dort plus que 5 heures par nuit... Penser aux repas équilibrés midi et soir, organiser les devoirs à la maison, les temps de jeux, limiter la dose d'écran par jour pour les enfants... Le tout en étant enceinte de 6 mois et demi», écrit une internaute sous un post Instagram. Des témoignages de ce genre, Coline Charpentier en lit des tas chaque jour. «Depuis le début du confinement, c’est la cata ! Je reçois de nombreux messages de femmes qui se retrouvent à gérer les enfants pendant que leur conjoint télétravaille. Résultat : beaucoup travaillent la nuit pour rattraper le temps perdu», déplore l’auteure de T’as pensé à ? (1). Puis d’ajouter : «Au fond, cette crise fait ressortir toutes les inégalités qu’il y a dans la société.»

Un jour sans fin Le confinement, l’occasion idéale pour ralentir ? Pas tout à fait. «J'ai l'impression de vivre la vie d'une femme au foyer des années 1950, entièrement dévouée et dédiée à la maison et aux enfants», lâche Carole*, 38 ans. Depuis près d’une semaine, elle est confinée chez elle avec son conjoint et leurs deux enfants (un garçon de neuf ans ; une fille de quatre ans) et tout s’enchaîne. «Ma journée type ? Après le petit-déj', je mets un peu les enfants devant la télé le temps de prendre une douche. Puis, je deviens"maîtresse", après une séance pas du tout maîtrisée de yoga pour enfants. J’essaie de faire des ateliers graphisme pour la petite, puis vais dans la chambre du grand qu'il faut encadrer sur ses devoirs de CM2, avec des incessants allers-retours d'un espace à l’autre», livre-t-elle, sans fard.

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Salariée, Carole ne peut pas compter sur son compagnon, indépendant. Lui ne peut pas mettre son travail entre parenthèses. Cela étant, les journées sont pénibles dans un endroit confiné. Une fois la matinée achevée, «il faut préparer le repas. Là, on devient"cantinière", lancer le lave-vaisselle, une machine, faire une partie de Monopoly avec le grand pour éviter les écrans, appeler ma mère et régler des problèmes administratifs avec elle, lui répéter dix fois qu'elle ne doit pas sortir, et puis ça continue : le goûter, la sortie dans le quartier tout en veillant aux distances de sécurité avec les passants éventuels, le dîner et enfin l'écroulement devant la télé.» Des journées très loin de la slow life que pourrait offrir le confinement.

En vidéo, télétravail, gestion de la maison, onze conseils pour survivre au confinement Un poids sur les épaules des femmes «Au moment du confinement, la charge mentale ne diminue pas. Au contraire. Bien que les contraintes extérieures aient été annulées, de nouvelles sont venues les remplacer : notamment les tâches ménagères qui se sont multipliées. Le tout, sans bouffée d’air frais», explique Sarah Laporte-Daube, psychologue à Grenoble. Mais alors, pourquoi les femmes pâtissent-elles encore et toujours de cette inégale répartition de la charge mentale ? «Cela s’explique par des raisons historiques et sociologiques. Dès la plus jeune enfance, les femmes sont préparées à devenir des mères, à s’occuper des autres. Leur altruisme est très privilégié dans les jeux, dans les histoires et tout est fait pour les préparer à porter cette charge mentale», analyse Sarah Laporte-Daube, auteure d’Après la maltraitance (2). «Dans ce contexte, quand le couple se forme, par conditionnement, les femmes vont spontanément organiser, planifier les tâches du foyer alors que les hommes, eux, ne s’en préoccupent pas.»

À lire aussi » Charge mentale :"Le perfectionnisme domestique étouffe les femmes"Pour diminuer la charge mentale, la psychologue préconise de responsabiliser les enfants. Valentine, elle, s’y est déjà attelée. «Je pousse mes enfants à devenir autonomes. Pour le petit-déjeuner, par exemple, je leur mets tout sur la table et ils se débrouillent. Pendant ce temps, j’en profite pour checker mes mails. J’entends parfois des catastrophes mais tant pis.»

Outre la charge mentale, les femmes subiraient aussi davantage la charge dite «émotionnelle». «C’est le fait se sentir responsable du bien-être de tous, de rassurer la famille, de réguler les disputes, de créer de la bonne humeur», décrit Coline Charpentier. «Autant sur la question des tâches domestiques, on avance même si cela se fait très lentement. Autant en matière de charge émotionnelle, le déséquilibre entre femmes et hommes est flagrant.»

* Le prénom a été modifié.(1) T’as pensé à ? (Le Livre de Poche), 160 pages.(2) Après la maltraitance (Éditions de l’Homme), 224 pages. Lire la suite: Madame Figaro »

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