« C’est une année de perdue » : la frustration et les doutes des sportifs juniors

« C’est une année de perdue » : la frustration et les doutes des sportifs juniors

24/01/2021 18:44:00

« C’est une année de perdue » : la frustration et les doutes des sportifs juniors

Privés de la majorité des compétitions qui rythment habituellement leur saison, en raison du contexte sanitaire, les jeunes sportives et sportifs doivent prendre leur mal en patience.

Partage désactivéLes championnats du monde juniors de cyclo-cross, qui étaient prévus mi-janvier, ont été annulés. OLI SCARFF / AFPIls ont entre 16 ans et 20 ans et trustent déjà les podiums en France et à l’international dans leur catégorie d’âge. Ils ambitionnent de suivre les traces de Julian Alaphilippe, en cyclisme, Laura Flessel, en escrime, ou encore Martin Fourcade, en biathlon. Ces champions en herbe, regroupés derrière l’appellation « juniors », aspirent à faire leurs preuves et basculer vers le haut niveau à moyen terme. L’épidémie de Covid-19 les oblige à prendre leur mal en patience et à remettre leurs rêves à plus tard.

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Les valises restent désespérément vides, les week-ends ennuyeux sans l’adrénaline et le rythme des compétitions. Si les sportifs professionnels sont touchés par les annulations et les reports, les juniors en ont davantage encore fait l’amère expérience. Leur calendrier s’est réduit à peau de chagrin. Au plan national, comme hors des frontières, alors que

« quand on a 20 ans on a les crocs, le couteau entre les dents pour courir à l’international », comme le souligne Camille Coupé, 19 ans, membre de l’équipe de France juniors de biathlon.Ce grand vide peut faire émerger des doutes, susciter une perte de confiance. headtopics.com

« Après deux mois sans confrontation, on se pose beaucoup de questions », souffle Louka Lesueur. Champion de France cadet de cyclo-cross, désormais junior, il a dû se contenter d’une dizaine de départs entre l’automne et janvier (contre une trentaine habituellement), et encaisser l’annulation des championnats du monde, mi-janvier.

« C’est clairement une année perdue », n’hésite-t-il pas à dire.« On s’entraîne mais on ne sait pas trop pour quoi », appuie Paul Lebois, 19 ans, champion de France juniors de triathlon en 2020.

Des plans de carrière contrariésPour bon nombre de ces jeunes sportives et sportifs, chaque compétition annulée ou reportée constitue une opportunité manquée de prouver sa valeur, avec le risque de passer sous les radars des entraîneurs nationaux et autres potentiels recruteurs.

« On peut être professionnel dès la fin des années juniors », rumine ainsi Louka Lesueur, qui, à 16 ans, est suivi par l’équipe professionnelle Groupama FDJ pour intégrer la « Conti », l’équipe réserve des jeunes de 18 ans à 23 ans. headtopics.com

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« J’ai l’impression de stagner en termes de niveau », explique l’escrimeuse Léa VarelaC’est qu’en dépit de leur jeune âge, certains de ces juniors ont déjà esquissé des plans de carrière. Dans le contexte actuel, ils ont parfois le sentiment de prendre du retard sur une éventuelle future carrière au haut niveau.

« J’ai l’impression de stagner en termes de niveau », explique Léa Varela, championne du monde junior par équipe d’escrime en 2019, qui voulait intégrer l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep)

« l’année prochaine, ou dans deux ans ».Sans calendrier sportif, et avec, de plus, une blessure au tendon d’Achille, elle doit revoir ses plans. A trois ans des Jeux olympiques à Paris, il n’y a pourtant pas de temps à perdre.

« Forcément on s’entraîne pour ça, mais ça va être compliqué », admet celle qui devait entamer sa dernière année en juniors.Une période bénéfique malgré toutAutre motif d’inquiétudes : ne plus pouvoir figurer dans la liste ministérielle, qui répertorie les athlètes de haut niveau, avec les avantages liés à ce statut. headtopics.com

« Des amis sont sur le point d’arrêter parce qu’ils ne font pas partie de cette liste et ne peuvent pas prendre part à des compétitions », explique Léo Chwalowska, champion de France en salle du lancer de poids chez les juniors en février 2020.

Lui se dit« privilégié ». En dépit de l’annulation de dernière minute des championnats de France juniors en octobre, un jet à 17,34 mètres lui a permis de battre son record personnel, mi-janvier, lors du meeting de Liévin (Pas-de-Calais).

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Le tableau n’est donc pas totalement noir. Certains rendez-vous, parmi les plus importants, sont maintenus au calendrier. Pour pallier l’annulation du circuit junior, Camille Coupé a, par exemple, pu prendre part à sa première compétition internationale chez les « grands » en IBU Cup, antichambre de la Coupe du monde de biathlon.

« On apprend autant, voire plus, sur le circuit senior », relativise la biathlète. Une préparation idoine en vue des Mondiaux juniors, maintenus, fin février en Autriche, qui lui donnent un horizon.« Ce qui importe c’est d’être performant dans trois, quatre, cinq ans », explique Simon Fourcade

Pour ceux qui n’ont pas cette chance, l’absence d’échéances et de calendrier précis n’empêche pas de transformer ce qui peut être perçu comme une année nulle en une saison bénéfique pour la suite de leur carrière.

« On a pu reprogrammer des cycles de travail, alors qu’entre les compétitions on essaie juste de maintenir notre niveau », note Paul Lebois. En attendant une reprise incertaine des triathlons, il enchaîne les stages de préparation en France et à l’étranger.

Avant sa blessure, Léa Varela percevait aussi les atouts d’une telle période sans duels, épée en main.« Ça m’a permis de travailler le physique dans le fond. L’escrime étant un sport asymétrique, j’ai pu faire en sorte de rééquilibrer de l’autre côté »,

reconnaît-elle.Le rôle des entraîneurs est essentiel pour relativiser la période actuelle.« On leur explique qu’ils peuvent vraiment travailler, construire des bases solides, ce qu’on ne prend pas le temps de faire en général »

, explique Simon Fourcade, entraîneur de l’équipe de France junior de biathlon.« Ce qui importe, c’est d’être performant d’ici à trois, quatre, cinq ans »,ajoute l’ancien biathlète, formule applicable à tous les sports.

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