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Sıda, Homosexualité

«Angels in America», empathie remise

[Scènes] «Angels in America», empathie remise

24.1.2020

[Scènes] « Ange ls in America», empathie remise

Plus d’un quart de siècle après sa création, la pièce à succès de Tony Kushner sur les débuts de l’ épidémie de sida à New York entre au répertoire de la Comédie-Française dans une mise en scène très classique d’ Arnaud Desplechin .

La pièce tente de lier entre elles des tragédies individuelles pour en faire une épopée universelle. Photo C. Raynaud de Lage Le 16 mars 1990, l’écrivain Hervé Guibert dit d’une voix délicate et tranchante, sur le plateau d’ Apostrophes, à Bernard Pivot : «Pendant des années, j’ai tenu ce mot, sida, le plus loin de moi possible. Je n’ai pas voulu écrire ce mot, par superstition. Je ne voulais absolument rien lire de ça. Et, en même temps, il y avait des prémonitions, des conjurations contre ces prémonitions, des tentatives d’exorcisme et des vœux.» Créé dans son intégralité en 1993 à New York, Angels in America , l’œuvre de Tony Kushner, cherche à faire vivre nerveusement et spectaculairement, «à la Broadway», ces prémonitions, conjurations, tentatives d’exorcisme, vœux. Ce fut un grand succès à la création. Arnaud Desplechin l’adapte en la raccourcissant. Elle passe de sept à trois heures, ce qui est bien assez. Le travail de l’auteur d’ Esther Kahn sur les décors et les fonds d’images, en clair-obscur et d’un strict classicisme (Central Park, Brooklyn Bridge, bords de mer en hiver), n’a rien de «transgressif» ni de «canaille», contrairement à ce qu’il a dit ici et là. Il divise par la lumière le grand plateau de la Comédie-Française pour distribuer les scènes ; et il rappelle que New York et l’Amérique sont des espaces qui respirent dans le panoramique et par le carton-pâte. Fontaine Le temps a passé, depuis 1993. Le sida n’a plus le même impact sur les consciences. C’est peu dire que les homosexuels et, plus généralement, les minorités, ne poussent plus leurs cris dans l’angle mort de nos sociétés, comme ils le faisaient à l’époque où se déroule l’histoire : pendant les années 80, de Reagan à la pérestroïka. La pièce de Kushner est donc un document sur un état d’esprit, sur un moment précis de l’épidémie et de l’histoire ; mais que reste-t-il de son ambition affichée et de ses partis pris formels ? On pourrait la sous-titrer : le sida, un épisode de l’épopée américaine et mondiale. On suit principalement, en brèves scènes comme dans un ballet, les vies entremêlées de quatre hommes, un quinquagénaire et trois trentenaires, tous homosexuels. Deux d’entre eux ont le sida ; l’un en meurt, l’autre en mourra peut-être. Le premier est le personnage le plus intéressant : on y viendra à la fin. Il est soigné à l’hôpital par un infirmier noir (excellent second rôle joué par Gaël Kamilindi) qui a été l’amant du deuxième. Le troisième vivait avec le deuxième (donc, après l’infirmier noir), mais n’a pas le courage d’affronter la maladie de celui-ci. Il fuit le domicile conjugal et va se faire enculer nuitamment dans Central Park, non loin de l’ange de la fontaine de Bethesda, autour duquel la pièce tourne et devant lequel elle finira. Il a une brève histoire avec le quatrième, un jeune avocat reaganien lié au quinquagénaire, et marié à une femme sous valium qu’il ne désire pas. Vous suivez ? Tout le monde est lié à tout le monde par le scénario qui, quel que soit l’étage d’où il tombe, atterrit dans l’efficacité sur ses pattes. Tout le monde a également des visions, des rêves, des prophéties. Tout le monde est hanté, comme dirait Mallarmé. Et presque tout le monde hurle, pleure, gémit, sort de scène sans articuler ses répliques, gonfle sa souffrance au point de la faire éclater. C’est l’emphatique vaudeville gay. Les femmes que ces messieurs côtoient ont, elles, des statuts de faire-valoir peu enviables : mère dominante, épouse borderline, infirmière, fantôme culpabilisant, ange. Dominique Blanc joue une dizaine de rôles, dont celui d’un rabbin (très Rabbi Jacob), d’une mormone, du fantôme d’Ethel Rosenberg : c’est Zelig. Florence Viala joue, entre autres, l’ange qui lévite par-dessus les misères humaines. Son sens comique installe une distance qui aère un peu le bureau des drames et des plaintes. Arche L’enjeu formel de la pièce est le suivant : comment lier entre elles des tragédies individuelles, des vies ordinaires marquées par l’homosexualité et le sida, pour en faire une épopée non seulement nationale, mais universelle ? Pour résoudre ce problème, Kushner multiplie les symboles et les significations, de façon que la moindre généalogie, la moindre situation, le moindre mot, «fasse sens», comme on dit en Amérique. L’un des malades descend d’une famille qui était sur le Mayflower ; c’est lui qui aura le dernier mot, d’un humanisme œcuménique assez bêta qui n’est pas sans rappeler la fin du Retour du Jedi . Un autre est le petit-fils d’une juive d’Europe centrale dont l’enterrement ouvre la pièce. Un autre encore est fils de mormons, comme sa femme. Il manque à la superproduction un descendant de Sitting Bull, un fils d’émigrés anti-castristes, que sais-je encore. On ne peut embarquer tout le monde à bord d’une arche, fût-elle de Noé, et si bien ficelée. Un formidable personnage tire la couverture et la pièce à lui : c’est Roy Cohn, incarné par Michel Vuillermoz. C’est le plus vieux, le plus drôle, le plus vivant et, en réalité, le plus attentif et le plus ouvert de tous. C’est aussi, est-ce un hasard, le plus provocateur et le seul qui, en ayant joué un rôle dans l’histoire américaine, soit résolument abject. Dans la vraie vie, Roy Cohn fut l’avocat efficace et corrupteur de McCarthy, du jeune Trump. Il contribua à faire condamner à mort les époux Rosenberg. C’était aussi une «tante de placard», un homosexuel caché, ouvertement raciste, anticommuniste et homophobe («Roy Cohn n’est pas un homosexuel. Roy Cohn est un hétérosexuel qui s’éclate avec des mecs»). Il meurt sans le dire du sida en 1986, à 59 ans, près d’une importante réserve d’AZT que ses réseaux lui ont permis d’obtenir et qui ne le sauve de rien. Chaque scène où il apparaît est féroce, violemment comique. Celles qui l’opposent, tandis qu’il décline et meurt, à son infirmier, l’homosexuel noir, sont presque du Molière : lui dans le rôle d’un monstre jovial et cynique ; l’infirmier, dans le rôle de Toinette. Aujourd’hui, son ex-client Trump est au pouvoir, le spectacle continue et la pièce survit grâce à lui. Lire la suite: Libération

Message pour libé... Politiquement je suis très souvent en désaccord avec vous mais vos rubriques culture sont excellentes.

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