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Centrale, Helene Maquet

L’histoire continue : quand les Belges ont dit non au nucléaire

L’histoire continue : quand les Belges ont dit non au nucléaire

25-09-21 10:26:00

L’histoire continue : quand les Belges ont dit non au nucléaire

Dans les prochaines semaines la Belgique va décider de confirmer ou non la sortie du nucléaire en 2025. C’est-à-dire...

Un vent nouveau Entre 1969 et 1978 la Belgique entame la construction de 4 réacteurs nucléaires à Doel et 3 Tihange. Un choix dicté entre autres par la forte demande en électricité, par la dépendance énergétique de la Belgique. Un choix lié aussi à l’existence d’une filière nucléaire belge liée à l’uranium du Katanga que les Belges ont massivement vendu aux Américains durant la guerre et après.

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En parallèle les années 70 voient la montée en puissance d’un nouveau courant environnementaliste, écologiste, issu de la génération mai 1968. C’est la création de Greenpeace, des Amis de la terre. C’est aussi la publication des grands ouvrages de l’écologie politique d’Ivan Illich ou d’André Gortz. Le nucléaire va très vite devenir le cheval de bataille de ce nouveau mouvement. En France, en Allemagne et puis en Belgique des manifestations essaiment, le débat public s’installe, l’opinion évolue.

Three Mile Island, 1979 Un élément va jouer un rôle important dans la construction de cette opinion publique, c’est l’accident de Three Miles Island en 1979 aux Etats Unis. 7 ans avant Tchernobyl, on l’oublie parfois mais c’est aux Etats Unis, que pour la première fois, le nucléaire s’est emballé. Le cœur d’un réacteur à fondu partiellement après plusieurs dysfonctionnements. C’est le plus important accident de l’histoire du nucléaire civil américain. L’accident a suscité la panique, jusqu’à 200.000 personnes ont fui leurs foyers plusieurs jours. Heureusement le pire a été évité, et la contamination limitée. headtopics.com

Pour Mycle Schneider, consultant dans les domaines de l’énergie et de la politique nucléaire : en 1979, on est passé près d’un accident majeur et d’une fusion complète du cœur. A Fukushima, trois cœurs ont fondu. C’est donc un accident précurseur. TMI révèle que la direction de la centrale et le régulateur ne comprenaient pas ce qui se passait dans le réacteur. Pour faire simple, une soupape est restée ouverte alors qu’en salle de commande on ne le voyait pas. Il y a eu une perte de pression dans le réacteur. Cela a eu beaucoup de répercussion sur la conception des centrales et du principe de fonctionnement des réacteurs. Pour autant, les conséquences de l’accident de Three Mile Island ont été moins importantes qu’on le croit. Historiquement, la pointe historique de création de réacteurs dans le monde intervient en 1976. L’industrie était déjà en crise avant l’accident et cette catastrophe a encore aggravé cette crise.

Mais l’industrie nucléaire qui a toujours affirmé disposer d’une technologie sûre, doit faire face à un accident majeur, et reconnaître qu’il existe une possibilité (certes faible) qu’une centrale soit hors de contrôle. Aux Etats Unis et en Europe, et chez nous à Huy cela déclenche une vague d’interrogations et d’inquiétudes. Aux Etats Unis, de nombreux projets de centrales seront d’ailleurs gelés.

Chez nous, à Huy, quelques jours après l’accident aux USA, le 6 avril 1979, le bourgmestre Fernand Hubin annonce un arrêté communal d’urgence. Il exige l’arrêt immédiat de la centrale de Tihange. Malheureusement, aucun gouvernement n’a consacré 100 minutes à se préoccuper du problème nucléaire. On a consacré 100 jours à régler les problèmes communautaires, mais la santé et la vie de populations me paraît ne pas préoccuper le gouvernement.

La fermeture de la centrale n’aura pas vraiment lieu. Le gestionnaire se contente de déconnecter le réacteur du réseau électrique. Trois jours plus tard, l’Etat cassera la décision du bourgmestre. Mais en Belgique comme ailleurs en Europe et aux Etats Unis, le nucléaire ne sera plus jamais comme avant. On sait maintenant que le risque zéro n’existe pas. headtopics.com

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Szymon Zareba, responsable du centre d’archive d’ETOPIA, un centre d’animation et de recherche en écologie politique, financé en partie par Ecolo avec qui il collabore étroitement. L’accident de TMI est un événement important. Mais la question la question à se poser c’est pourquoi il a un tel retentissement chez nous. Un an auparavant, il y a eu le référendum d’Andenne qui avait mis le nucléaire sur le devant de la scène. Depuis plusieurs années, il y a des craintes et des interrogations en France, en Allemagne et en Belgique. La décision de fermeture à Huy est le reflet de ce contexte.

Le référendum d’Andenne Un autre événement a donc pesé lourd dans l’histoire de la contestation nucléaire en Belgique. C’est le référendum d’Andenne en 1978. Intercom, souhaite installer une centrale nucléaire dans la commune. Elle a d’ailleurs signé une convention avec la ville en 1969. Mais, face à la contestation de la population, les élus changent d’avis. En 1977, ils décident de convoquer une consultation populaire. Une première dans le genre. Le débat dure un an. Les échanges sont le plus souvent vifs. Et le résultat est sans appel. La mobilisation est massive (près de 75% de participation), 90% des votants disent non à Ohey et 84% à Andenne.

Szymon Zareba, responsable du centre d’archive d’Etopia explique que le référendum d’Andenne est un aboutissement. Un tel résultat n’arrive pas comme ça. Il y a un mouvement écologiste qui s’est créé avec Démocratie Nouvelle en 1973 et les Amis de la terre en 76. Ils organisent un travail d’information et de pédagogie. A l’époque le nucléaire est largement opaque et dans un culte du secret qui a alimenté la lutte antinucléaire. Ces groupes ont rapidement déposé des listes aux élections. Il y a une volonté de peser dans le débat.

Le mouvement écologiste et Ecolo Ce que révèle le référendum d’Andenne c’est que pour les mouvements écologistes, le recours a la démocratie, en particulier à la démocratie locale, est envisagée comme la meilleure solution pour sortir du nucléaire. C’est absolument essentiel. Les décisions nucléaires sont prises au niveau national et ne passent quasiment pas par le parlement. Face à cela, les écologistes défendent le fédéralisme intégral. headtopics.com

Pour ce chercheur, le nucléaire est donc un liant des différents groupes écologistes des années 70. Mais l’opposition au nucléaire implique plus que le problème de la sécurité et de la pollution. Dès 1972, le projet de société qui est derrière le nucléaire est remis en cause. En 1972 le rapport Meadows montre qu’on ne peut poursuivre infiniment la croissance dans un monde fini. Et le nucléaire est la chimère qui fait croire qu’on pourrait avoir une énergie qui pourrait alimenter cette croissance infinie de manière sécurisée. C’est ça la racine de l’écologie politique.

Ecolo est né de ces luttes et est créé en 1980. La sortie du nucléaire est dès le début à son programme et est profondément lié à ce contexte des années 70. L’opposition au nucléaire est un liant pour le mouvement écologiste et pour Ecolo. Mais ce n’est pas la seule chose qui se trouve en jeu dans le parti, ce serait trop simple.

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Ecolo est l’héritier direct de ces mobilisations antinucléaires des années 70. Dès sa première participation au gouvernement fédéral en 1999 il fait de la sortie du nucléaire un point majeur. Aujourd’hui, il est à nouveau au pouvoir et se retrouve à devoir confirmer ou non la sortie prévue en 2025. Mais le contexte est différent, le réchauffement climatique est désormais la préoccupation principale de la population. Entre le combat antinucléaire des années 70 et le combat pour le climat d’aujourd’hui, Ecolo se retrouvera peut-être dans les prochaines semaines face à un choix très douloureux.

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