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Kosovo: Vjosa Osmani, la figure de la lutte contre la corruption à la tête du pays

Kosovo: Vjosa Osmani, la figure de la lutte contre la corruption à la tête du pays

06-04-21 14:05:00

Kosovo : Vjosa Osmani, la figure de la lutte contre la corruption à la tête du pays

Vjosa Osmani a été élue présidente du Kosovo dimanche. Avec 71 voix sur 120 députés au troisième tour du scrutin, la juriste de 38 ans obtient une majorité simple au Parlement.

Ces résultats impressionnants font d’Osmani la personnalité politique la plus populaire du pays. Aux côtés du premier ministre Albin Kurt, elle incarne une classe politique d’une nouvelle génération. Ensemble, ils finissent d’entériner la chute de la vieille garde des anciens combattants de la guerre d’indépendance contre les forces serbes.

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Sans conteste, Vjosa Osmani possède une solide expérience politique. Cette professeure de droit connait bien les ficelles du métier, puisqu’elle est l’ancienne présidente du parlement kosovare. Elle a surtout occupé le poste de présidente du Kosovo par intérim pendant quelques mois. Elle a accédé au poste à la suite de la démission, en novembre dernier, d’Hashim Thaçi. Ancien combattant de la guerre contre la Serbie (1989-1999), il a proclamé l’indépendance du Kosovo en 2008. Aujourd’hui, avec d’autres combattants, il doit répondre de crimes de guerre devant la justice internationale.

En guerre contre la corruption Le cheval de bataille de Vjosa Osmani, c’est sans aucun doute la lutte contre la corruption, qui ronge le pays depuis la fin de la guerre. Son discours anti-corruption a grandement participé à sa réputation actuelle. Elle est en fait l’une des premières à dénoncer la captation des ressources de l’Etat par les plus importantes élites du Kosovo. headtopics.com

Les médias kosovars décrivent une personnalité"qui n’a peur de rien". Lors d’une interview accordée à la chaine américaine CNN en février dernier, Osmani dénonçait, en pleine campagne pour les législatives, la corruption qui gangrène le système de santé, l’éducation et les emplois."Si on réussit à abattre les murs de la corruption érigés au fil des années, et nous y arriverons après ces élections, nous pourrons investir dans le capital humain du pays, parce que nous avons la population la plus jeune d’Europe", a-t-elle déclaré.

Face à la crise économique : garder les jeunes au pays Depuis plusieurs années, le Kosovo doit faire face à une dépopulation importante. Les jeunes quittent ce pays pauvre de 1,8 millions d’habitants avec l’espoir de trouver un travail. Le Kosovo est en effet frappé par un chômage de masse. Environ un tiers de la population est au chômage. Chez les jeunes, le taux de chômage atteint 50%. Ils sont donc de plus en plus nombreux à rejoindre le nord de l'Europe, soit la Suisse ou l’Allemagne. Pour ceux qui restent, le salaire moyen avoisine 500 euros par mois.

La pandémie n’a fait qu’aggraver la situation économique catastrophique du pays. Les luttes politiques intestines depuis la fin de l'année dernière ont privé le pays d'une stratégie claire contre le covid-19, alors que l’ancienne province serbe manque cruellement de ressources sur le plan médical. Le nouveau gouvernement a d’ailleurs promis d’intensifier ses efforts pour obtenir des vaccins.

Une présidente féministe Cette femme réformiste, féministe, écolo et fermement anti-corruption plait particulièrement aux jeunes et aux femmes. Ces dernières voient en elle une source d’inspiration contre le patriarcat. headtopics.com

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Vjosa Osmani n’est pas la première femme à devenir présidente du Kosovo. La candidate indépendante Atifete Jahjaga l’a précédée entre 2011 et 2016. Mais Osmani incarne définitivement une nouvelle façon de régner. Après sa victoire, la présidente fraichement élue peinait à retenir ses larmes. Elle a lancé :"Les femmes ont le droit d’être là où elles le veulent (…) N’arrêtez pas, n’arrêtez pas d’aller de l’avant. Tous vos rêves peuvent devenir réalité".

Aujourd’hui, le gouvernement kosovar compte six femmes ministres sur 15, soit un niveau jamais atteint dans un territoire aux idées patriarcales profondément enracinées. En plus, sur 120 députés, un tiers sont des femmes. Dans une interview, Osmani s'est dit consciente du retard en matière d’égalité sur le territoire,"mais nous travaillons dur depuis plusieurs générations pour aborder les problèmes qui touchent toutes les femmes, notamment la précarité économique ou les violences domestiques", ajoute-t-elle. En 2013, elle s'était en effet illustrée au parlement kosovar avec un discours engagé sur les victimes de violences sexuelles.

La paix dans les Balkans ? Alors, cette forte personnalité, moderne et engagée, réussira-t-elle à apaiser les tensions dans les Balkans ? Mission difficile, voire impossible, selon certains observateurs. Le nouveau pouvoir sera toutefois soumis aux pressions de l’Union européenne et les Etats-Unis, le plus grand allié du Kosovo, pour relancer le dialogue avec la Serbie. Belgrade n’a toujours pas reconnu l’indépendance de son ancienne province.

Osmani, de son côté, a martelé à plusieurs reprises que la Serbie devait payer pour les crimes commis pendant la guerre."La Serbie doit faire face à la justice internationale. Tous les politiciens au Kosovo sont d'accord là-dessus", assure-t-elle dans son entretien pour CNN. headtopics.com

Un élément pourrait cependant changer la donne. La classe politique semble s’être renouvelée dans les deux camps. La Serbie est dirigée par une personnalité tout aussi novatrice qu'Osmani : Ana Brnabić, une première ministre de 45 ans ouvertement lesbienne, face à l'homophobie prégnante dans son pays.

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