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Bruno Humbeeck, psychopédagogue : 'Il faut inviter les jeunes à la table des négociations' du déconfinement

Bruno Humbeeck, psychopédagogue : 'Il faut inviter les jeunes à la table des négociations' du déconfinement

08-03-21 11:41:00

Bruno Humbeeck, psychopédagogue : 'Il faut inviter les jeunes à la table des négociations' du déconfinement

Frank Vandenbroucke, le ministre fédéral en charge de la Santé, l’avait annoncé : 'Priorité à la jeunesse'. Nous le...

Mais ces assouplissements sont-ils à la hauteur des attentes ? Est-ce suffisant pour remédier au marasme de l’isolement forcé ? Que faire pour aider nos jeunes ? Pour le psychopédagogue Bruno Humbeeck, invité de la matinale sur La Première, ces décisions ne sont pas suffisantes :"Certainement pas. En tout cas, pas dans le mode de concertation. On a vraiment l’impression que ce sont des adultes qui imposent, et une minorité d’adultes, puisque c’est vraiment présenté de cette manière-là. C’est ce qu’on appelle en langage scientifique une société post-figurative, c’est-à-dire une société dans laquelle les adultes prennent les décisions et les plus jeunes ont juste à s’y plier".

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Une meilleure concertation avec les jeunes Bruno Humbeeck estime que nous étions déjà dans une société pré-figurative avant l’arrivée de l’épidémie :"On était, dans une société pré-figurative. Les jeunes étaient dans la rue en train de nous dire : 'Vous devez changer vos comportements et vos attitudes pour modifier la société'. Ça s’est arrêté brutalement, mais les jeunes sont tout à fait conscients qu’il faut prendre des attitudes responsables, qu’on est face à une pandémie, par rapport à laquelle il était normal que les adultes prennent les rênes dans un premier temps. Mais on est en sortie de pandémie et il est essentiel alors de mettre en place ce qu’on appelle des conditions d’une société co-figurative, c’est-à-dire où on concerte l’avenir avec les jeunes".

Pour tenter d’améliorer la situation pour la jeunesse, il faut donc qu’elle soit partie prenante des discussions à l’avenir selon le psychopédagogue :"Il faut les inviter aux tables de négociation, négocier avec eux, c’est-à-dire que leurs opinions soient des opinions agissantes. Ils ont démontré, et ils l’ont démontré de manière assez spectaculaire, qu’ils étaient capables d’adopter des attitudes par rapport à un virus qui ne les menaçait pas eux directement. Donc, cette forme d’altruisme vis-à-vis des autres générations, ils l’ont démontré. Je pense que c’est vraiment important maintenant d’ouvrir la table de négociation. […] Il faut vraiment qu’on ait l’impression d’être impliqués dans les décisions parce qu’on a été concertés". headtopics.com

Il faut des interactions pour les jeunes Le manque d’action et d’interaction serait aussi particulièrement nocif pour nos jeunes en cette période de crise :"Contrairement aux adultes, ils ont besoin d’interactions nouvelles ou au moins de penser que ces interactions nouvelles sont possibles. Dire à un jeune pendant un an qu’il ne fera aucune rencontre nouvelle, c’est éteindre y compris son imaginaire amoureux, parce qu’il doit construire des relations nouvelles. Il faut bien comprendre que cette génération était en plus une génération particulièrement engagée. Tout ça a été coupé brutalement et cet engourdissement est l’absence de nourriture à l’histoire que chaque adolescent se construit à propos de lui-même. Un adulte est capable de vivre beaucoup mieux dans l’absence d’événements qu’un adolescent qui a besoin de ces événements pour construire son identité. Et donc, c’est actuellement cette identité-là qui crée ce sentiment de détresse dont on entend de plus en plus souvent parler, qui était long à identifier, il faut bien l’admettre".

Le sens des responsabilités Pour Bruno Humbeeck, l’attente et l’ennui ont leurs limites : "On a longtemps cru que pour les adolescents, ne rien faire n’était pas si problématique que ça. Les adultes ont d’ailleurs l’impression que c’est un état parfois naturel chez l’adolescent, d’être capable de ne pas faire grand-chose et de vivre dans un présent non problématisé. Les adolescents ont un mot savoureux pour parler de ça, ils appellent ça le glandage. Mais quand ça s’inscrit dans la durée, ça crée cette espèce d’inertie, cette perte de tonus vital, qui là devient insupportable pour eux parce qu’ils ne savent pas où ils en sont et ils ne savent pas où ils vont. Il faut quand même comprendre qu’un adolescent est quelqu’un qui doit construire son identité et la solidifier pour s’inscrire dans l’avenir. Pour eux, c’est un travail très compliqué sur le plan psychologique et ils manquent actuellement de cette nourriture qui permet de le faire avec une relative sérénité. C’est vraiment une urgence de développer des événements en tenant compte de leur sens de responsabilité".

INVITE DANS L'ACTU - Assouplissements de certaines mesures : suffisant pour aider les jeunes ? -... Frank Vandenbroucke l’avait annoncé : « priorité à la jeunesse » concernant d’éventuels assouplissements. Nous le savons maintenant, certaines mesures seront assouplies à partir de ce lundi. Parmi celles-ci, l’élargissement de la bulle en extérieure. Mais ces assouplissements sont-ils à la hauteur des attentes ? Est-ce suffisant pour palier au marasme de l’isolement forcé ? Que faire pour aider nos jeunes ? On revient sur ce mal-être profond avec le psychopédagogue Bruno HUMBEECK. Newsletter info Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

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